Régime alimentaire en cas de maladie de Crohn : ce qu’il faut manger, ce qu’il faut éviter et ce qui peut aider en cas de poussée

Dr Jonas Witt
Médecin
8 min de lecture
-
18 septembre 2026

Points à retenir

  • Il n'y a pas de « meilleur régime » en particulier pour la maladie de Crohn, ni de liste universelle d'aliments que toutes les personnes atteintes de cette maladie doivent éviter.
  • Pendant une poussée, certaines personnes trouvent que les aliments plus légers et plus faciles à digérer leur font du bien, mais les besoins alimentaires dépendent des symptômes et de la présence ou non de complications, comme un rétrécissement de l'intestin.
  • Un aliment qui semble déclencher des symptômes ne provoque pas forcément l'inflammation liée à la maladie de Crohn.
  • Si tu limites trop d'aliments, tu risques de ne pas consommer assez de calories, de protéines, de vitamines et de minéraux.
  • Certaines thérapies alimentaires structurées ont fait leurs preuves dans la maladie de Crohn, notamment la nutrition entérale exclusive chez les enfants. Ça n’a rien à voir avec le simple fait d’éviter certains aliments à la maison.
  • Si tu as de plus en plus de mal à manger, si tu perds du poids ou si tu élimines beaucoup d'aliments de ton alimentation, un diététicien spécialisé dans les MICI peut t'aider.

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L'alimentation peut devenir compliquée quand on souffre de la maladie de Crohn.

Tu remarqueras peut-être qu’un repas que tu as mangé sans y prêter attention il y a six mois te pousse soudain à chercher les toilettes les plus proches. Quelqu’un te dit d’arrêter de consommer des produits laitiers. Un autre te dit que c’est le gluten qui pose problème. Sur Internet, tu trouves des listes d’« aliments déclencheurs de la maladie de Crohn » qui semblent inclure presque tout ce que tu aimes manger.

Alors, qu'est-ce que tu es censé manger, au juste ?

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’il n’y a pas de régime alimentaire spécifique pour la maladie de Crohn qui convienne à tout le monde. [1–3]

L'alimentation peut avoir un impact sur les symptômes, et ce que tu supportes bien peut changer pendant une poussée. Mais un aliment qui provoque des ballonnements, de la diarrhée ou des douleurs n'est pas forcément le même que celui qui déclenche l'inflammation liée à la maladie de Crohn.

Cette distinction, c'est important.

Le but n'est pas d'éliminer le plus d'aliments possible. Il s'agit plutôt de manger suffisamment bien pour couvrir tes besoins nutritionnels, de comprendre quels aliments semblent vraiment te faire du mal, et de t'adapter quand ta maladie de Crohn ou ta situation l'exige.

Grâce à mama health, tu peux aussi poser des questions sur la maladie de Crohn et la nutrition, comprendre tes analyses et tes bilans médicaux, trouver des spécialistes et des soins près de chez toi, et tirer des leçons de l’expérience d’autres personnes atteintes de la même maladie.



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Qu'est-ce qu'une coloscopie permet de mettre en évidence dans le cas de la maladie de Crohn ?

Une coloscopie permet au médecin d'observer directement l'intérieur de ton côlon et, en général, l'iléon terminal, c'est-à-dire la dernière partie de l'intestin grêle.

Pendant l'intervention, on introduit par le rectum un tube souple muni d'une caméra, qu'on fait passer tout le long du côlon.

Le médecin examine la muqueuse intestinale pour détecter des signes d'inflammation et d'autres anomalies.

Dans la maladie de Crohn, ça peut inclure :

  • rougeurs et gonflements
  • ulcères
  • zones d'inflammation éparses
  • modifications de la surface normale de l'intestin
  • rétrécissement
  • des saignements ou des tissus fragiles
  • inflammation de l'iléon terminal

Le médecin peut aussi faire des biopsies, c'est-à-dire prélever de minuscules échantillons de tissu qu'on examine au microscope.

C'est important parce que l'aspect de l'intestin vu à la caméra et celui des tissus au microscope fournissent des informations différentes.

À quoi ressemble la maladie de Crohn lors d'une coloscopie ?

La maladie de Crohn peut présenter plusieurs aspects caractéristiques, mais il n'y a pas de signe coloscopique unique qui apparaisse chez toutes les personnes atteintes de cette maladie.

Un signe que les médecins peuvent observer, c'est une inflammation par plaques.

Contrairement à une inflammation qui s'étend de manière continue le long de l'intestin, la maladie de Crohn peut toucher une zone tout en laissant une autre relativement normale. Ces zones distinctes sont parfois appelées « lésions discontinues ».

Les médecins peuvent aussi constater la présence d'ulcères.

Ça peut aller de petits ulcères superficiels à des zones d'ulcération plus étendues ou plus profondes.

Une inflammation plus marquée due à la maladie de Crohn peut parfois donner un aspect « de pavés », avec des zones de tissus enflés séparées par des ulcères plus profonds.

Une inflammation au niveau de l'iléon terminal est également fréquente dans la maladie de Crohn.

Ces résultats peuvent aider à établir un diagnostic, mais ils ne sont pas interprétés isolément. Ton gastro-entérologue tiendra compte du tableau clinique global et des résultats des autres examens avant de déterminer ce que ces résultats signifient. [1,2]

Qu'est-ce que ça veut dire, « iléite », dans un compte-rendu de coloscopie ?

L'iléite, c'est l'inflammation de l'iléon, la partie finale de l'intestin grêle.

L'iléon terminal est particulièrement important dans la maladie de Crohn, car c'est un endroit où la maladie se manifeste souvent.

Si ton bilan mentionne une iléite terminale, ça veut dire que le médecin a constaté des signes d'inflammation dans cette zone.

Ça ne veut pas dire, en soi, que tu souffres forcément de la maladie de Crohn.

L'iléite peut avoir d'autres causes que la maladie de Crohn, notamment certaines infections et des effets indésirables liés à des médicaments. L'aspect de l'inflammation, les résultats de la biopsie, les symptômes, les antécédents médicaux et d'autres examens aident les médecins à en déterminer la cause. [1,2]

Donc, si ton bilan indique « iléite », la question utile à poser à ton gastro-entérologue est :

« À ton avis, qu'est-ce qui provoque cette inflammation ? »

plutôt que de partir du principe que le mot lui-même confirme un diagnostic.

Que signifient les ulcères lors d'une coloscopie chez un patient atteint de la maladie de Crohn ?

Les ulcères, ce sont des zones où l'inflammation a endommagé la surface de la muqueuse intestinale.

Ils peuvent apparaître dans le cadre de la maladie de Crohn.

Ton rapport peut les décrire de différentes manières, notamment comme des ulcères aphteux, des ulcères superficiels ou des ulcères profonds.

Les aphtes sont de petites lésions ulcéreuses. Une inflammation plus active ou plus grave peut s'accompagner d'aphtes plus grands ou plus profonds.

La présence, la taille, la profondeur et l'étendue des ulcères peuvent aider le médecin à évaluer l'activité de la maladie.

Mais un ulcère, ça ne suffit pas à poser un diagnostic.

C'est la structure qui compte.

Ton gastro-entérologue va examiner où se trouvent les ulcères, l'aspect de l'intestin autour, les résultats des biopsies, et s'il s'agit bien d'une maladie de Crohn.

Qu'est-ce que le « cobblestoning » dans la maladie de Crohn ?

Le terme « pavage » désigne un aspect particulier de la muqueuse intestinale qui peut apparaître dans le cadre de la maladie de Crohn.

Les ulcères profonds peuvent se mêler à des zones de tissu enflé ou relativement intact, créant ainsi une surface qui ressemble à des pavés.

C'est une description classique de la maladie de Crohn.

Voir ce mot dans un rapport peut paraître inquiétant, mais il ne faut pas l'interpréter isolément comme une prédiction de ce qui va se passer ensuite.

Ça décrit une apparence.

Ton équipe soignante doit encore évaluer quelle partie de l'intestin est touchée, quel est le degré d'activité global de la maladie, s'il y a des complications et ce que révèlent les autres examens.

C'est quoi, les « lésions manquées » lors d'une coloscopie ?

Les lésions en saut de lapin sont des zones d'inflammation intestinale séparées par des zones qui semblent relativement épargnées.

Ce motif irrégulier est caractéristique de la maladie de Crohn.

Par exemple, le médecin peut constater une inflammation au niveau de l'iléon terminal et d'une autre partie du côlon, alors que l'intestin entre ces deux zones semble relativement normal.

C'est différent du processus inflammatoire continu qu'on associe généralement à la colite ulcéreuse.

Mais dans la vraie vie, ça ne se passe pas toujours comme dans les manuels.

C'est une autre raison pour laquelle les médecins ont recours à la coloscopie, en plus des biopsies et d'autres données, plutôt que de se fier à un seul signe visuel pour distinguer les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. [1,2]

Qu'est-ce que ça veut dire, « sténose », sur ton compte-rendu de coloscopie ?

Une sténose, c'est une zone où l'intestin s'est rétréci.

La maladie de Crohn peut entraîner un rétrécissement dû à une inflammation active, à une cicatrisation à long terme ou à une combinaison des deux.

Pendant une coloscopie, le médecin peut remarquer un rétrécissement ou constater que l'endoscope ne peut pas passer en toute sécurité dans une partie de l'intestin.

Une sténose peut être grave, car un rétrécissement important peut compliquer le passage des aliments et du contenu intestinal.

Mais une coloscopie ne permet pas toujours aux médecins d'en savoir tout ce qu'ils doivent savoir sur une sténose.

Les examens d'imagerie, comme l'entérographie par résonance magnétique (MRE), l'échographie intestinale ou l'entérographie par tomodensitométrie, peuvent donner plus d'infos sur la paroi intestinale et les zones inaccessibles au coloscope. [2]

Si ton rapport mentionne une sténose, demande :

« À quel point ce rétrécissement est-il important, et est-ce que j'ai besoin d'un autre examen pour l'évaluer ? »

Si tu ressens de fortes douleurs abdominales, des vomissements persistants, un gonflement du ventre ou une incapacité à aller à la selle ou à évacuer des gaz, consulte d'urgence un médecin, car ces symptômes peuvent être le signe d'une occlusion intestinale.

Pourquoi fait-on des biopsies lors d'une coloscopie pour la maladie de Crohn ?

Les biopsies permettent à un pathologiste d'examiner de minuscules échantillons de tissu intestinal au microscope.

Ça peut permettre de repérer des changements qui ne sont pas forcément visibles juste avec la caméra de la coloscopie.

On peut faire des biopsies sur les zones enflammées et sur celles qui ont l'air normales.

Lorsqu'on cherche à diagnostiquer la maladie de Crohn, les résultats de l'examen pathologique peuvent aider les médecins à comprendre le type et le profil de l'inflammation et à distinguer les causes possibles.

Tu pourrais tomber sur des termes comme :

  • inflammation active
  • inflammation chronique
  • inflammation chronique active
  • modifications apportées à Crypt
  • granulomes
  • aucune anomalie notable

Ces mots, il faut les replacer dans leur contexte.

Par exemple, le terme « inflammation chronique » désigne généralement des modifications liées à une inflammation qui dure depuis un certain temps. Le terme « active » fait référence aux signes d'une activité inflammatoire actuelle.

Aucune de ces deux expressions, prise isolément, ne te dit tout sur la gravité ou l'évolution future de ta maladie de Crohn.

Qu'est-ce qu'un granulome sur une biopsie de la maladie de Crohn ?

Un granulome, c'est un amas particulier de cellules immunitaires qu'on peut parfois observer au microscope dans la maladie de Crohn.

Quand on observe un type de granulome caractéristique dans le bon contexte clinique, ça peut confirmer le diagnostic de la maladie de Crohn.

Mais il y a deux choses importantes à savoir.

D'abord, beaucoup de personnes atteintes de la maladie de Crohn ne présentent pas de granulomes sur leurs biopsies.

Le fait de ne pas en trouver n'exclut pas la maladie de Crohn.

D'autre part, les granulomes peuvent avoir d'autres causes ; c'est pourquoi le pathologiste et le gastro-entérologue continuent d'interpréter ce résultat en tenant compte de l'ensemble des examens effectués.

Ne t'inquiète pas si ton rapport de biopsie ne mentionne pas de granulomes.

C'est un indice possible, mais pas un critère obligatoire pour la maladie de Crohn.

Est-ce qu'une coloscopie permet de confirmer un diagnostic de maladie de Crohn ?

Une coloscopie avec prélèvements est un élément important du diagnostic de la maladie de Crohn, mais il n'existe pas d'examen unique permettant de confirmer tous les cas.

En général, les médecins posent le diagnostic de la maladie de Crohn en se basant sur plusieurs éléments.

Ça peut inclure :

  • tes symptômes et tes antécédents médicaux
  • examen physique
  • analyses de sang
  • analyses de selles
  • iléocoloscopie et biopsies
  • imagerie de l'intestin grêle

Les recommandations diagnostiques actuelles de l'ECCO préconisent l'iléocoloscopie avec biopsies, associée à une imagerie intestinale, comme examens de première intention chez les personnes chez qui on soupçonne une maladie inflammatoire de l'intestin. [2]

En effet, la maladie de Crohn peut toucher n'importe quelle partie du tube digestif et affecter l'intestin d'une manière que la coloscopie seule ne permet pas d'évaluer complètement.

Il peut donc arriver que tu aies fini ta coloscopie et qu'on te demande quand même de passer un autre examen.

Ça ne veut pas forcément dire que la coloscopie n'a pas été concluante ou qu'elle a échoué.

Ces tests permettent de répondre à différentes questions.

Peut-on avoir la maladie de Crohn si sa coloscopie est normale ?

Oui. Une coloscopie normale n'exclut pas toujours la maladie de Crohn.

Une coloscopie classique permet d'examiner le côlon et, en général, l'iléon terminal.

Mais la maladie de Crohn peut toucher d'autres parties de l'intestin grêle que l'endoscope ne peut pas atteindre.

Si tes symptômes, tes analyses de sang, tes analyses de selles ou d'autres éléments continuent de faire craindre une maladie de Crohn malgré une coloscopie normale, ton équipe soignante pourrait envisager des examens complémentaires.

Ça peut inclure une MRE, une échographie intestinale ou une endoscopie par capsule dans certains cas. [2]

L'endoscopie par capsule, ça consiste à avaler une petite caméra qui prend des images tout en parcourant le tube digestif.

Ça ne convient pas à tout le monde — par exemple, la présence d'un rétrécissement suspecté peut influencer la pertinence de l'endoscopie par capsule — donc le choix de l'examen dépend de chaque cas particulier.

Qu'est-ce que ça veut dire d'avoir une coloscopie normale quand on souffre déjà de la maladie de Crohn ?

Si tu souffres d'une maladie de Crohn confirmée et que ta coloscopie ne révèle que peu ou pas d'inflammation visible, ça peut être encourageant.

Ça peut indiquer une rémission endoscopique ou une guérison, selon les résultats et la terminologie utilisée.

C'est important, car le traitement moderne de la maladie de Crohn ne vise pas seulement à contrôler les symptômes.

Tu peux te sentir bien même si l'inflammation persiste. À l'inverse, tu peux présenter certains symptômes digestifs même lorsque l'inflammation liée à la maladie de Crohn s'est considérablement améliorée.

C'est pour ça que la coloscopie peut parfois servir à évaluer dans quelle mesure le traitement permet de contrôler la maladie. [2,3]

Une coloscopie qui ne révèle rien d'anormal ne veut pas dire que la maladie de Crohn est guérie.

La maladie de Crohn est une affection chronique, et un traitement d'entretien ainsi qu'un suivi peuvent encore s'avérer nécessaires.

N'arrête pas ton traitement juste parce que les résultats de ta coloscopie sont bons, sauf si ton équipe soignante t'a explicitement parlé de modifier ton traitement.

Qu'est-ce que ça veut dire « SES-CD » dans un compte-rendu de coloscopie pour la maladie de Crohn ?

SES-CD, c'est l'acronyme de « Simple Endoscopic Score for Crohn’s Disease » (score endoscopique simple pour la maladie de Crohn).

C'est un système qui sert à décrire le degré d'activité de la maladie de Crohn observé lors d'une iléocoloscopie.

Ce score prend en compte des critères comme :

  • la taille des ulcères
  • Quelle partie de la surface de l'intestin est ulcérée ?
  • Quelle partie de la surface intestinale est touchée ?
  • s'il y a un rétrécissement

Ces caractéristiques sont évaluées dans différentes parties de l'intestin.

Tu pourrais voir apparaître un numéro SES-CD dans ton rapport, notamment dans le cadre d'une prise en charge spécialisée des MICI ou lors d'une évaluation systématique de l'activité de la maladie.

Ce chiffre ne doit pas être considéré comme un verdict définitif sur la « gravité » de ta maladie de Crohn.

Ton équipe soignante en tient compte en même temps que tes symptômes, tes coloscopies précédentes, tes biomarqueurs, tes examens d'imagerie, ton traitement et ta situation clinique globale.

Si tu remarques un score que tu ne connais pas dans ton rapport, le sitemama health peut t'aider à comprendre ce que ces termes signifient, tandis que ton gastro-entérologue pourra t'expliquer ce que ce score signifie pour toi d'un point de vue médical.

Qu'est-ce que ça veut dire, une inflammation « légère », « modérée » ou « grave » ?

Ces mots décrivent le degré d'inflammation observé ou signalé, mais leur sens exact dépend du contexte dans lequel ils sont utilisés.

Un compte-rendu de coloscopie peut indiquer qu'une partie spécifique de l'intestin présente une inflammation légère, modérée ou sévère.

Ça ne revient pas forcément à dire que ta maladie de Crohn, dans son ensemble, est légère, modérée ou grave.

Ta situation globale peut dépendre de bien plus que de l'aspect d'une seule partie de ton corps.

Les médecins peuvent envisager :

  • quelle partie de l'intestin est touchée
  • la profondeur des ulcères
  • symptômes
  • marqueurs sanguins et fécaux
  • sténoses, fistules ou abcès
  • effets nutritionnels
  • évolution antérieure de la maladie
  • résultats d'imagerie

Donc, si ton rapport mentionne une « inflammation légère », ne pense pas que ça t'indique automatiquement le traitement dont tu as besoin.

Et si c'est écrit « grave », ne pense pas que ce mot prédit ton avenir à long terme.

Demande-toi comment cette découverte s'inscrit dans le contexte global.

Pourquoi les résultats de ta coloscopie et tes symptômes pourraient-ils ne pas correspondre ?

Parce que les symptômes et l'inflammation liée à la maladie de Crohn ne vont pas toujours de pair.

Tu peux présenter des symptômes importants sans qu'il y ait beaucoup d'inflammation visible.

Tu peux aussi te sentir relativement bien même si l'inflammation est toujours présente.

C'est pour ça que le suivi moderne de la maladie de Crohn ne se base pas uniquement sur ce que tu ressens. Les données objectives issues des biomarqueurs, de l'imagerie et de l'endoscopie peuvent aider les équipes soignantes à évaluer l'activité de la maladie et la réponse au traitement. [2,3]

Si ta coloscopie ne révèle rien d'anormal mais que tu continues à souffrir de diarrhée, de douleurs ou de ballonnements, ça ne veut pas dire que tes symptômes sont imaginaires.

Ton équipe soignante pourrait envisager d'autres explications et décider s'il faut faire d'autres examens.

De même, si tu te sens bien mais que ta coloscopie révèle toujours une inflammation, ton médecin voudra peut-être discuter avec toi pour voir si le traitement actuel atteint bien l'objectif visé.

Que se passe-t-il après une coloscopie qui laisse penser à une maladie de Crohn ?

La prochaine étape dépendra de l'exhaustivité du bilan diagnostique.

Si des biopsies ont été réalisées, tu devras peut-être attendre le rapport d'anatomopathologie.

Ton équipe soignante pourrait aussi te demander de passer des analyses de sang, des analyses de selles ou des examens d'imagerie supplémentaires.

Une fois les informations disponibles examinées, ton gastro-entérologue pourra te dire si les résultats corroborent le diagnostic de la maladie de Crohn et ce que ça signifie pour toi.

Si on te diagnostique la maladie de Crohn, les questions qui se posent généralement ensuite sont les suivantes :

Où se trouve la maladie ?

C'est très animé ?

Y a-t-il des complications ?

Quel traitement est le plus judicieux ?

Notre guide sur ce qui se passe après un nouveau diagnostic de la maladie de Crohn t'explique cette étape suivante plus en détail.

Que se passe-t-il après une coloscopie si tu souffres déjà de la maladie de Crohn ?

Si la coloscopie a été réalisée pour évaluer une maladie de Crohn déjà diagnostiquée, la suite dépendra de ses résultats.

Si l'inflammation s'est nettement améliorée, ton équipe soignante pourrait décider de poursuivre la stratégie d'entretien actuelle.

Si l'inflammation reste importante, ils peuvent se demander si le traitement actuel atteint son objectif.

Ça veut pas dire qu'un résultat anormal à la coloscopie mène automatiquement à un nouveau médicament.

Ton gastro-entérologue peut prendre en compte tes symptômes, tes biomarqueurs, tes examens d'imagerie, la durée de ton traitement, ta réponse antérieure et d'autres facteurs avant de décider de la marche à suivre.

Si on envisage de changer de traitement, consulte notre guide sur la maladie de Crohn options thérapeutiques explique les principales catégories de médicaments et les questions qu'il faut se poser.

Quelles questions devrais-tu poser à ton médecin à propos des résultats de ta coloscopie liée à la maladie de Crohn ?

Tu n'as pas besoin de comprendre chaque ligne du rapport.

Quelques questions peuvent permettre de mieux comprendre les résultats :

  • Quelles parties de mon intestin as-tu examinées ?
  • Où as-tu constaté une inflammation ?
  • Est-ce que mon iléon terminal était touché ?
  • Y avait-il des ulcères ?
  • T'as remarqué un rétrécissement ?
  • Tu as pu examiner tout le côlon et l'iléon terminal ?
  • Où les biopsies ont-elles été réalisées ?
  • Qu'est-ce que les biopsies ont révélé ?
  • Est-ce que ces résultats confirment le diagnostic de la maladie de Crohn ?
  • Est-ce que j'ai besoin d'un examen d'imagerie de l'intestin grêle ?
  • Si je souffre déjà de la maladie de Crohn, est-ce que l'inflammation s'est améliorée depuis mon dernier bilan ?
  • Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?
  • Est-ce que ces résultats vont changer mon traitement ?

Si ton médecin utilise un terme que tu ne comprends pas, demande-lui de te l'expliquer.

Les rapports médicaux sont avant tout rédigés pour faciliter la communication entre professionnels de santé. Ce n'est pas parce que tu les trouves difficiles à lire que tu échoues à un examen.

Comment mama health peut-il t'aider à comprendre un compte-rendu de coloscopie ?

Le compte-rendu d'une coloscopie peut t'arriver bien avant que tu aies eu l'occasion d'en discuter en détail avec ton gastro-entérologue.

Ce décalage peut être gênant.

Tu pourrais tomber sur un cas d'iléite terminale et te demander si ça confirme la maladie de Crohn. Tu pourrais voir des ulcérations et t'inquiéter de ce que ça veut dire. Ou alors, ton rapport pourrait mentionner un score SES-CD sans expliquer ce que ces lettres signifient.

Avec mama healthtu peux :

  • Comprends tes rapports médicaux. Découvre la signification de termes peu familiers tels que « iléite », « ulcération », « biopsies », « sténoses » et « SES-CD ».
  • Pose des questions sur la maladie de Crohn. Obtiens des infos claires sur la terminologie et les examens couramment utilisés pour diagnostiquer ou suivre la maladie de Crohn.
  • Inspire-toi de l'expérience des personnes atteintes de la maladie de Crohn. Découvre ce que d'autres ont vécu concernant la préparation à la coloscopie, l'attente des résultats, les rendez-vous de suivi et la prise en charge à long terme.
  • Trouve des spécialistes et des soins près de chez toi. Découvre les soins adaptés en gastro-entérologie et dans le domaine des MICI si tu veux savoir quels types de prise en charge spécialisée sont disponibles.

mama health Ça ne permet pas de déterminer si une coloscopie confirme la maladie de Crohn, d'évaluer la gravité de ta maladie, ni de décider s'il faut changer de traitement.

Ces conclusions, c'est à ton équipe soignante de les examiner.

Mais comprendre ce qui est écrit peut vraiment faciliter la conversation avec eux.

Qu'est-ce qu'il faut garder à l'esprit quand tu lis les résultats de ta coloscopie pour la maladie de Crohn ?

Un compte-rendu de coloscopie, c'est juste une partie de l'histoire.

Des mots comme « ulcère », « iléite », « sténose » ou « aspect pavé » peuvent faire peur quand tu les vois hors contexte.

Essaie de ne pas tirer de conclusion à partir d'un seul mot.

Un résultat anormal ne te dit pas tout sur la façon dont ta maladie de Crohn va évoluer.

Une coloscopie qui ne révèle rien d'anormal n'exclut pas toujours la présence d'une maladie ailleurs dans le tube digestif.

Et si tu souffres déjà de la maladie de Crohn, un résultat de coloscopie satisfaisant ne signifie pas forcément que le traitement et le suivi sont terminés.

Au lieu de ça, ramène le rapport à ces trois questions :

Qu'est-ce que t'as trouvé ?

Comment ça s'accorde avec mes autres résultats ?

Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?

Ces réponses sont bien plus utiles que d'essayer d'interpréter le rapport en décortiquant un mot inconnu à la fois.

Quel est le meilleur régime alimentaire en cas de maladie de Crohn ?

Il n'y a pas de régime alimentaire unique qui se soit révélé être le meilleur pour toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn.

Ça peut être frustrant si tu espérais un programme alimentaire bien défini, mais c'est important.

La maladie de Crohn peut toucher différentes parties du tube digestif. Chez certaines personnes, la diarrhée est le symptôme principal. D’autres souffrent davantage de douleurs, d’un manque d’appétit, d’une perte de poids ou d’un rétrécissement de l’intestin. Certaines sont en rémission et mangent normalement. D’autres essaient de surmonter une poussée.

Ces personnes n'ont pas forcément besoin du même régime alimentaire.

Les recommandations de l'ECCO indiquent qu'il n'existe actuellement aucun régime alimentaire universel qui convienne à toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn. Les choix alimentaires doivent tenir compte de l'activité de la maladie, des données scientifiques disponibles et de l'accès à un accompagnement diététique. [2]

Quand la maladie de Crohn est stable, l'objectif est généralement d'avoir une alimentation variée et équilibrée qui apporte suffisamment d'énergie et de nutriments.

En cas de poussée, il faudra peut-être changer ça temporairement.

Que faut-il manger quand on souffre de la maladie de Crohn ?

Quand ta maladie de Crohn est stable, concentre-toi sur ton apport en énergie, en protéines, en vitamines, en minéraux et en autres nutriments, plutôt que de suivre une longue liste de restrictions.

Ce que ça donnera dans ton assiette dépendra de ce que tu supportes.

Parmi les aliments qui peuvent faire partie d'une alimentation équilibrée, on trouve :

  • fruits et légumes
  • céréales et féculents
  • des sources de protéines comme les œufs, le poisson, la volaille, le tofu, les haricots ou d'autres aliments que tu supportes bien
  • produits laitiers ou des alternatives adaptées
  • sources de graisses saines

Tu n'as pas besoin d'exclure systématiquement les fibres, les produits laitiers, le gluten, les fruits, les légumes ou d'autres groupes alimentaires entiers simplement parce que tu souffres de la maladie de Crohn.

La maladie de Crohn en elle-même peut déjà compliquer une bonne alimentation. Les symptômes peuvent te couper l'appétit, tandis que l'inflammation de l'intestin grêle peut réduire l'absorption de certains nutriments. Les interventions chirurgicales et certains médicaments peuvent aussi avoir un impact sur ton alimentation. [1]

Supprimer certains aliments sans raison peut aggraver ce problème.

Souvent, la question la plus utile, ce n’est pas « Qu’est-ce que les personnes atteintes de la maladie de Crohn ont le droit de manger ? »

C'est :

« Qu’est-ce que je peux manger sans me priver tout en ayant les apports nutritionnels dont j’ai besoin ? »

Que faut-il manger en cas de poussée de la maladie de Crohn ?

Pendant une poussée, les aliments que tu manges d'habitude peuvent tout à coup te sembler beaucoup plus difficiles à digérer.

La diarrhée, les douleurs abdominales, les nausées, le manque d'appétit et l'urgence d'aller aux toilettes peuvent tous modifier tes habitudes alimentaires et ce que tu as envie de manger.

Certaines personnes trouvent que des repas plus légers et des aliments plus tendres et plus simples sont plus faciles à digérer quand les symptômes sont présents. En fonction de ce que tu supportes, ça peut inclure des aliments comme :

  • riz
  • des pommes de terre sans la peau
  • de l'avoine ou d'autres céréales plus tendres
  • bananes
  • compote de pommes ou compote de fruits
  • des légumes bien cuits ou épluchés
  • œufs
  • poisson
  • du poulet ou d'autres protéines tendres
  • du yaourt, si tu supportes les produits laitiers
  • les soupes et les aliments onctueux

Ce ne sont que des exemples, pas un régime alimentaire imposé en cas de poussée de la maladie de Crohn.

Tu peux très bien supporter des aliments complètement différents.

Il est aussi important de boire suffisamment, surtout si la diarrhée t'entraîne une perte de liquide.

Et une poussée n' est pas une raison pour arrêter de manger, sauf si ton équipe soignante te l'a expressément demandé. Dans certaines situations graves ou en cas de complications, les équipes médicales ont recours à des formes spécifiques de repos intestinal ou de soutien nutritionnel, mais il s'agit là d'un traitement sous surveillance médicale. [4]

Si tu as du mal à manger pendant une poussée ou si tu perds du poids, parle-en à ton équipe soignante plutôt que d’essayer de te débrouiller avec une liste d’aliments de plus en plus restreinte.

Quels aliments faut-il éviter quand on souffre de la maladie de Crohn ?

Il n'y a pas de liste universelle d'aliments que toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn devraient éviter.

Le NIDDK souligne que les chercheurs n'ont pas constaté que certains aliments en particulier provoquaient ou aggravaient systématiquement les symptômes de la maladie de Crohn. [1]

Ça ne veut pas dire que l'alimentation ne peut pas avoir d'effet sur tes symptômes.

Pendant les périodes de diarrhée ou quand les symptômes sont présents, certaines personnes trouvent que certains aliments ou boissons rendent les choses plus difficiles à gérer. Ça peut varier d'une personne à l'autre, mais ça peut inclure :

  • les plats très gras ou frits
  • alcool
  • caféine
  • les plats épicés
  • les aliments qui contiennent beaucoup de sucres simples
  • certains produits laitiers si tu as du mal à digérer le lactose
  • certains aliments riches en fibres quand l'intestin est particulièrement sensible

Mais c'est là que les listes en ligne des « aliments à éviter quand on a la maladie de Crohn » peuvent prêter à confusion.

Si le café te donne la diarrhée, éviter d'en boire pourrait te faciliter grandement la vie le matin.

Ça ne veut pas forcément dire que c'est le café qui provoquait l'inflammation liée à ta maladie de Crohn.

De la même façon, si les légumes crus te provoquent des douleurs ou des ballonnements pendant une poussée, tu les supporteras peut-être mieux quand ta maladie est stable ou quand ils sont cuits.

Ton alimentation peut évoluer en fonction de ta maladie de Crohn. Ça ne veut pas dire que tu doives te priver de façon permanente d'un aliment juste parce qu'il t'a déjà causé des symptômes une fois.

Quels sont les aliments qui déclenchent la maladie de Crohn ?

Un « aliment déclencheur » désigne généralement un aliment qu'une personne associe à une aggravation de ses symptômes, pas forcément un aliment qui déclenche la maladie inflammatoire sous-jacente.

Cette distinction est importante.

Les personnes atteintes de la maladie de Crohn parlent souvent des aliments qui semblent provoquer de la diarrhée, des envies pressantes, des ballonnements, des gaz ou des douleurs abdominales.

Ces expériences sont bien réelles.

Mais l'inflammation liée à la maladie de Crohn résulte d'une interaction bien plus complexe entre le système immunitaire, la génétique, le microbiote intestinal et des facteurs environnementaux. En général, on ne peut pas la réduire à un seul aliment que tu as mangé au dîner.

Ça explique aussi pourquoi les listes d'aliments déclencheurs de la maladie de Crohn varient autant.

Certaines personnes évitent les salades parce que les légumes crus leur causent des problèmes digestifs. D'autres, en revanche, en mangent sans aucun problème.

Certaines personnes peuvent avoir du mal à digérer les produits laitiers. D’autres, en revanche, peuvent manger du yaourt et du fromage tous les jours.

Sur mama health, tu peux découvrir les expériences d'autres personnes atteintes de la maladie de Crohn, notamment comment elles gèrent l'alimentation, les restaurants, les voyages, les poussées et les changements d'appétit.

Ces expériences peuvent te donner des idées et t'aider à te sentir moins seul(e) pour trouver des solutions.

Ils ne devraient pas devenir une nouvelle liste d'aliments que tu élimines automatiquement de ton alimentation.

Faut-il éviter les fibres quand on souffre de la maladie de Crohn ?

Les personnes atteintes de la maladie de Crohn n'ont pas toutes besoin d'un régime pauvre en fibres.

C'est l'un des points qui prêtent le plus souvent à confusion.

Quand la maladie de Crohn est stable et qu’il n’y a pas de rétrécissement de l’intestin, beaucoup de gens peuvent manger des aliments riches en fibres dans le cadre d’une alimentation variée.

Quand les symptômes sont présents, certains aliments riches en fibres peuvent toutefois sembler plus difficiles à digérer. Changer leur texture peut parfois faire la différence : les fruits et légumes cuits ou pelés peuvent être plus faciles à digérer que lorsqu'ils sont crus, par exemple.

Il y a un cas où les fibres méritent une attention particulière : une sténose.

Une sténose, c'est une zone où l'intestin s'est rétréci. Si tu en as une, ton équipe soignante ou ton diététicien pourra te donner des conseils précis sur la texture des aliments et les fibres, car certains aliments peuvent avoir du mal à passer par cette zone rétrécie.

Ne pars pas du principe que tu dois suivre un régime pauvre en fibres à vie juste parce que tu souffres de la maladie de Crohn.

De même, si tu sais que tu souffres d'une sténose, n'augmente pas radicalement ta consommation de fibres sans en parler d'abord à ton équipe soignante.

Faut-il arrêter de consommer des produits laitiers quand on souffre de la maladie de Crohn ?

Pas forcément.

La maladie de Crohn ne veut pas forcément dire que tu es intolérant au lactose.

Certaines personnes ont effectivement du mal à tolérer le lait ou d'autres produits laitiers, surtout quand elles ont la diarrhée ou des symptômes aigus. D'autres, en revanche, n'ont aucun problème avec ces produits.

Si les produits laitiers semblent systématiquement provoquer des symptômes, parles-en à ton équipe soignante ou à ton diététicien plutôt que d'éliminer d'emblée tout ce groupe d'aliments.

En fonction de ta tolérance, tu peux opter pour des produits sans lactose ou certains produits laitiers à faible teneur en lactose.

Les produits laitiers sont aussi une source de protéines et de nutriments comme le calcium ; donc, si tu décides de les supprimer, réfléchis à la manière dont tu vas remplacer ces nutriments.

Faut-il éviter le gluten quand on souffre de la maladie de Crohn ?

Le fait d'avoir la maladie de Crohn ne veut pas forcément dire que tu dois suivre un régime sans gluten.

Les personnes atteintes de la maladie cœliaque, qui est une affection distincte, doivent absolument éviter le gluten.

Certaines personnes qui ne souffrent pas de la maladie cœliaque disent se sentir mieux quand elles réduisent leur consommation d'aliments contenant du gluten, mais ça ne prouve pas que le gluten soit à l'origine de l'inflammation liée à la maladie de Crohn.

Adopter un régime sans gluten peut aussi rendre l'alimentation plus restrictive et modifier l'apport en fibres et en nutriments.

Si tu penses que le gluten te pose des problèmes, parles-en à ton équipe soignante avant de le supprimer complètement de ton alimentation, surtout si tu n'as pas encore passé d'examens pour détecter une éventuelle maladie cœliaque.

Les tests de dépistage de la maladie cœliaque peuvent s'avérer moins fiables une fois que le gluten a déjà été supprimé de l'alimentation.

Et les fruits à coque, les graines, le pop-corn et les légumes crus ?

Ce n'est pas parce que tu souffres de la maladie de Crohn qu'il faut pour autant interdire systématiquement ces aliments.

Par contre, pour certaines personnes, la texture, ça compte.

Les fruits à coque, les graines, le pop-corn, les peaux et les légumes crus riches en fibres peuvent causer des désagréments chez certaines personnes lorsque les symptômes sont aigus. Ils peuvent aussi nécessiter une attention particulière chez les personnes présentant une sténose intestinale importante.

Pour quelqu'un en rémission sans rétrécissement, les conseils peuvent être complètement différents.

C'est pour ça qu'une liste générale intitulée « Les 10 aliments que tous les malades de Crohn doivent éviter » n'est pas vraiment utile.

Le stade de ta maladie a son importance.

Est-ce que l'alimentation peut vraiment traiter l'inflammation liée à la maladie de Crohn ?

Oui, certaines thérapies nutritionnelles peuvent jouer un rôle dans le traitement de la maladie de Crohn, mais ça ne revient pas simplement à choisir des « aliments sains ».

L'exemple le plus connu, c'est la nutrition entérale exclusive (NEE).

L'EEN, c'est quand tu couvres tous tes besoins nutritionnels grâce à une préparation liquide complète sur le plan nutritionnel pendant une période déterminée, au lieu de suivre un régime alimentaire normal.

Ce traitement est particulièrement bien établi chez les enfants et les ados atteints d'une maladie de Crohn active. Les recommandations de l'ESPEN préconisent l'EEN comme option de première intention pour induire une rémission chez les enfants et les ados atteints d'une forme légère et active de la maladie de Crohn. [3]

L'EEN peut aussi être efficace chez les adultes, même si ce n'est généralement pas le traitement de première intention pour la maladie de Crohn active chez l'adulte et qu'il peut être difficile à suivre. [3]

Une autre approche dont tu entendras peut-être parler est le régime d'exclusion pour la maladie de Crohn (CDED), qui implique généralement des choix alimentaires spécifiques et parfois une nutrition entérale partielle. Les données scientifiques à ce sujet sont en cours d'élaboration, notamment chez les enfants et dans les cas de maladie légère à modérée. [2,3]

Il s'agit de régimes thérapeutiques structurés.

Il ne faut pas confondre ça avec le fait d'éliminer des aliments au hasard juste parce que quelqu'un a dit sur Internet qu'ils provoquaient des inflammations.

Si tu souhaites intégrer un régime alimentaire dans le traitement de la maladie de Crohn, parles-en à ton équipe de gastro-entérologie et à un diététicien spécialisé dans les MICI.

Est-ce que le régime méditerranéen est bon pour la maladie de Crohn ?

Un régime de type méditerranéen peut constituer un mode d'alimentation sain et adapté pour certaines personnes atteintes de la maladie de Crohn, surtout quand la maladie est stable et que les aliments concernés sont bien tolérés.

En gros, ce régime met l'accent sur les légumes, les fruits, les céréales complètes, les légumineuses, les fruits à coque, l'huile d'olive, le poisson et d'autres aliments peu transformés.

Mais même une alimentation globalement saine doit être adaptée à chaque personne.

Si tu as du mal à manger des légumes crus, des légumineuses, des céréales complètes ou des fruits à coque pendant la phase active de la maladie — ou si tu souffres d'une sténose —, suivre à la lettre le régime méditerranéen n'est peut-être pas envisageable pour le moment.

« Sain » et « supportable pendant une poussée de la maladie de Crohn », ce n’est pas toujours tout à fait la même chose.

Le régime alimentaire que tu peux suivre sans problème pendant une semaine difficile peut être différent de celui que tu suis quand ta maladie de Crohn est bien maîtrisée.

Les probiotiques ou les compléments alimentaires peuvent-ils aider à traiter la maladie de Crohn ?

Il ne faut pas partir du principe que les compléments alimentaires permettent systématiquement de contrôler l'inflammation liée à la maladie de Crohn.

Tu verras peut-être des probiotiques, du curcuma, des compléments alimentaires à base d’oméga-3, des vitamines, des produits à base de plantes et d’autres compléments alimentaires destinés aux personnes atteintes de MICI.

Les données varient considérablement, et « naturel » ne veut pas forcément dire efficace ou sans risque.

Les compléments alimentaires à base de vitamines et de minéraux, c'est une autre histoire.

La maladie de Crohn peut augmenter le risque de carences en raison de l’inflammation, d’une diminution de l’apport alimentaire, d’une malabsorption ou d’une intervention chirurgicale antérieure. En fonction de ta situation, ton équipe soignante pourra vérifier certains nutriments, comme :

Si on constate une carence, une supplémentation peut s'avérer nécessaire.

Mais prendre des quantités importantes de compléments alimentaires sans savoir si t'en as besoin, ce n'est pas la même chose que de traiter une carence.

mama health peut t'aider à comprendre les résultats inhabituels de tes analyses et de tes bilans, y compris la terminologie propre aux tests nutritionnels. Ton équipe soignante pourra te dire si un résultat nécessite un traitement ou une supplémentation.

Pourquoi est-ce que manger peut devenir difficile, même quand on sait ce qui est « sain » ?

Parce que la maladie de Crohn peut changer ta relation avec la nourriture.

Si, à plusieurs reprises, après avoir mangé, tu as eu mal au ventre, de la diarrhée ou une envie pressante d'aller aux toilettes, c'est tout à fait normal d'être un peu sur tes gardes.

Tu pourrais commencer à sauter des repas avant de partir en voyage. Évite les restaurants. Mange moins avant d'aller bosser. Supprime un aliment de plus à chaque fois que tu passes une mauvaise journée.

Au final, ton régime peut finir par être bien plus restreint que ce que tu avais prévu.

C'est important, car les personnes atteintes de la maladie de Crohn sont déjà susceptibles de perdre du poids et de souffrir de carences nutritionnelles. [1]

Si tu te rends compte que tu commences à t'inquiéter à propos de l'alimentation, de la perte de poids ou du fait de ne te nourrir que d'un petit nombre d'aliments « sans risque », parles-en à ton équipe soignante.

La solution, c'est pas toujours d'imposer une nouvelle restriction.

Parfois, l'important, c'est de t'aider à manger plus, pas moins.

Comment savoir si un aliment est vraiment à l'origine de tes symptômes ?

Essaie de repérer une tendance plutôt que de rejeter la faute sur ce que tu as mangé en dernier.

Les symptômes digestifs peuvent dépendre de plein de facteurs : l'inflammation liée à la maladie de Crohn, les infections, les médicaments, le stress, le rétrécissement de l'intestin, l'intolérance au lactose, les symptômes de type SII, la taille des portions et la façon dont les aliments sont préparés.

Du coup, c'est dur d'interpréter ces réactions ponctuelles.

Si un aliment revient souvent et semble toujours être lié aux mêmes symptômes, ça vaut le coup d'en parler.

Mais évite de supprimer plusieurs groupes d'aliments à la fois. Si tu changes tout en même temps, tu auras du mal à savoir quel changement a eu un impact.

Et n'oublie pas la distinction essentielle :

Un aliment peut aggraver les symptômes sans pour autant aggraver l'inflammation liée à la maladie de Crohn.

C'est pourquoi les symptômes persistants ou qui évoluent méritent d'être abordés avec ton équipe soignante plutôt que d'être pris en charge uniquement par le régime alimentaire.

Comment mama health peut-il t'aider à gérer ton alimentation et la maladie de Crohn ?

Les questions sur l'alimentation ne se limitent que rarement à « Qu'est-ce que je devrais manger ? »

Tu te demandes peut-être si d'autres personnes ont du mal avec le café. Si quelqu'un mange normalement pendant une poussée. Ce que les gens commandent au restaurant. Comment ils gèrent les longs trajets. Ou ce que signifient réellement les résultats d'une analyse sanguine nutritionnelle.

Avec mama healthtu peux :

  • Pose des questions sur la maladie de Crohn et la nutrition. Familiarise-toi avec les termes courants et obtiens des infos claires quand tu te poses des questions entre deux rendez-vous.
  • Inspire-toi de personnes qui vivent avec la même maladie. Découvre comment d'autres personnes atteintes de la maladie de Crohn gèrent l'alimentation, les poussées, les sorties au restaurant, les voyages et leur alimentation au quotidien.
  • Comprends bien tes analyses et tes résultats. Familiarise-toi avec les termes liés au fer, à la vitamine B12, à la vitamine D, à l'inflammation et aux autres résultats avant d'en discuter avec ton équipe soignante.
  • Trouve des spécialistes et des soins près de chez toi. Découvre les services de gastro-entérologie et d'autres soins adaptés quand tu as besoin d'un coup de main.

Les expériences des autres peuvent être particulièrement utiles en matière d'alimentation, car la maladie de Crohn est très variable d'une personne à l'autre.

Quelqu'un pourrait te donner une idée à laquelle tu n'avais pas pensé.

Mais ce qu'ils considèrent comme un « aliment sans risque » n'est pas forcément un aliment sans risque pour toi, et ce qui déclenche une réaction chez eux ne te touche pas forcément.

Sers-toi de ces expériences pour te donner une idée générale, mais ne les prends pas à la place des conseils personnalisés de ton équipe soignante ou de ton diététicien.

Qu'est-ce qu'il faut retenir sur l'alimentation et la maladie de Crohn ?

T'as pas besoin de trouver le régime alimentaire idéal pour la maladie de Crohn.

Il n'y en a probablement pas.

L'important, c'est de trouver un mode d'alimentation qui t'apporte tous les nutriments dont tu as besoin, qui s'adapte à tes symptômes et qui évolue au fur et à mesure que tes besoins changent.

Pendant une poussée, ça peut vouloir dire qu'il faudra manger des aliments plus légers ou plus simples pendant un certain temps.

Quand tu te sens bien, ça peut vouloir dire revenir petit à petit à une alimentation plus variée et plus riche.

Si tu souffres d'une sténose, d'une carence nutritionnelle, d'une perte de poids importante ou de difficultés à t'alimenter, tu auras peut-être besoin de conseils plus personnalisés.

Et si quelqu’un te dit qu’il y a un aliment que toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn doivent éviter — ou un régime que toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn devraient suivre —, mieux vaut rester prudent.

Une meilleure série de questions serait :

Est-ce que je mange assez équilibré ?

Y a-t-il des aliments qui, systématiquement, rendent mes symptômes plus difficiles à gérer ?

Est-ce que ma maladie de Crohn m'oblige à changer mes habitudes alimentaires dès maintenant ?

Ces questions laissent une marge de manœuvre qu'un régime alimentaire universel pour la maladie de Crohn ne peut pas offrir : toi.

Avertissement : ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un dispositif médical. mama health propose des informations et un accompagnement, mais ne remplace pas un médecin.

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