Que faut-il manger quand on souffre de la maladie de Crohn ? Un guide pratique pour les poussées et les périodes de rémission

Points à retenir
- Il n'y a pas de « liste des meilleurs aliments » unique pour la maladie de Crohn. Les aliments que tu supportes peuvent varier selon que tu es en phase de poussée ou de rémission.
- Pendant la rémission, essaie d'adopter une alimentation variée et équilibrée plutôt que de continuer à t'imposer des restrictions dont tu n'as peut-être plus besoin.
- Pendant une poussée, des aliments plus tendres, des repas plus légers et une texture différente des aliments peuvent être plus faciles à supporter pour certaines personnes.
- Un apport suffisant en protéines et en énergie est particulièrement important si tu as perdu du poids ou si tu manques d'appétit.
- Les personnes atteintes de la maladie de Crohn ne doivent pas toutes éviter les fibres. Si tu souffres d'une sténose, tu auras peut-être besoin de conseils spécifiques sur les fibres et la texture des aliments.
- Si tu perds du poids, que tu manges très peu ou que tu évites plusieurs groupes d'aliments, n'hésite pas à demander l'aide d'un diététicien spécialisé dans les MICI.
Savoir quoi manger quand on a la maladie de Crohn, ça peut parfois ressembler à une course sans fin.
Un petit-déjeuner qui te convient parfaitement quand ta maladie de Crohn est calme peut être la dernière chose dont tu as envie pendant une poussée. Les légumes crus peuvent être faciles à manger un mois, puis te causer des désagréments le mois suivant. Et dès que tu commences à chercher sur Internet les « meilleurs aliments pour la maladie de Crohn », tu peux te retrouver face à tellement de listes alimentaires contradictoires que manger devient plus stressant, et non l'inverse.
Y a une raison à ça.
Il n’existe pas de liste unique d’aliments que toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn devraient manger. La maladie de Crohn affecte chacun différemment, et ce qui te convient peut aussi varier selon que tu es en phase de poussée ou en rémission. Les recommandations nutritionnelles actuelles ne préconisent pas de « régime alimentaire pour les MICI » universel. [1–3]
Ce que tu peux faire, c'est composer tes repas à partir d'aliments que tu supportes bien, adapter temporairement ton alimentation lorsque les symptômes se manifestent, et veiller à continuer à avoir un apport suffisant en énergie, protéines, vitamines et minéraux.
Ce guide te donne un point de départ concret.
Et si tu as des questions entre deux rendez-vous, mama health peut t'aider à poser des questions sur la maladie de Crohn et la nutrition, à comprendre tes analyses et tes bilans, à trouver des spécialistes et des soins adaptés près de chez toi, et à tirer des leçons de l'expérience d'autres personnes atteintes de la maladie de Crohn.
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Qu'est-ce qu'une coloscopie permet de mettre en évidence dans le cas de la maladie de Crohn ?
Une coloscopie permet au médecin d'observer directement l'intérieur de ton côlon et, en général, l'iléon terminal, c'est-à-dire la dernière partie de l'intestin grêle.
Pendant l'intervention, on introduit par le rectum un tube souple muni d'une caméra, qu'on fait passer tout le long du côlon.
Le médecin examine la muqueuse intestinale pour détecter des signes d'inflammation et d'autres anomalies.
Dans la maladie de Crohn, ça peut inclure :
- rougeurs et gonflements
- ulcères
- zones d'inflammation éparses
- modifications de la surface normale de l'intestin
- rétrécissement
- des saignements ou des tissus fragiles
- inflammation de l'iléon terminal
Le médecin peut aussi faire des biopsies, c'est-à-dire prélever de minuscules échantillons de tissu qu'on examine au microscope.
C'est important parce que l'aspect de l'intestin vu à la caméra et celui des tissus au microscope fournissent des informations différentes.
À quoi ressemble la maladie de Crohn lors d'une coloscopie ?
La maladie de Crohn peut présenter plusieurs aspects caractéristiques, mais il n'y a pas de signe coloscopique unique qui apparaisse chez toutes les personnes atteintes de cette maladie.
Un signe que les médecins peuvent observer, c'est une inflammation par plaques.
Contrairement à une inflammation qui s'étend de manière continue le long de l'intestin, la maladie de Crohn peut toucher une zone tout en laissant une autre relativement normale. Ces zones distinctes sont parfois appelées « lésions discontinues ».
Les médecins peuvent aussi constater la présence d'ulcères.
Ça peut aller de petits ulcères superficiels à des zones d'ulcération plus étendues ou plus profondes.
Une inflammation plus marquée due à la maladie de Crohn peut parfois donner un aspect « de pavés », avec des zones de tissus enflés séparées par des ulcères plus profonds.
Une inflammation au niveau de l'iléon terminal est également fréquente dans la maladie de Crohn.
Ces résultats peuvent aider à établir un diagnostic, mais ils ne sont pas interprétés isolément. Ton gastro-entérologue tiendra compte du tableau clinique global et des résultats des autres examens avant de déterminer ce que ces résultats signifient. [1,2]
Qu'est-ce que ça veut dire, « iléite », dans un compte-rendu de coloscopie ?
L'iléite, c'est l'inflammation de l'iléon, la partie finale de l'intestin grêle.
L'iléon terminal est particulièrement important dans la maladie de Crohn, car c'est un endroit où la maladie se manifeste souvent.
Si ton bilan mentionne une iléite terminale, ça veut dire que le médecin a constaté des signes d'inflammation dans cette zone.
Ça ne veut pas dire, en soi, que tu souffres forcément de la maladie de Crohn.
L'iléite peut avoir d'autres causes que la maladie de Crohn, notamment certaines infections et des effets indésirables liés à des médicaments. L'aspect de l'inflammation, les résultats de la biopsie, les symptômes, les antécédents médicaux et d'autres examens aident les médecins à en déterminer la cause. [1,2]
Donc, si ton bilan indique « iléite », la question utile à poser à ton gastro-entérologue est :
« À ton avis, qu'est-ce qui provoque cette inflammation ? »
plutôt que de partir du principe que le mot lui-même confirme un diagnostic.
Que signifient les ulcères lors d'une coloscopie chez un patient atteint de la maladie de Crohn ?
Les ulcères, ce sont des zones où l'inflammation a endommagé la surface de la muqueuse intestinale.
Ils peuvent apparaître dans le cadre de la maladie de Crohn.
Ton rapport peut les décrire de différentes manières, notamment comme des ulcères aphteux, des ulcères superficiels ou des ulcères profonds.
Les aphtes sont de petites lésions ulcéreuses. Une inflammation plus active ou plus grave peut s'accompagner d'aphtes plus grands ou plus profonds.
La présence, la taille, la profondeur et l'étendue des ulcères peuvent aider le médecin à évaluer l'activité de la maladie.
Mais un ulcère, ça ne suffit pas à poser un diagnostic.
C'est la structure qui compte.
Ton gastro-entérologue va examiner où se trouvent les ulcères, l'aspect de l'intestin autour, les résultats des biopsies, et s'il s'agit bien d'une maladie de Crohn.
Qu'est-ce que le « cobblestoning » dans la maladie de Crohn ?
Le terme « pavage » désigne un aspect particulier de la muqueuse intestinale qui peut apparaître dans le cadre de la maladie de Crohn.
Les ulcères profonds peuvent se mêler à des zones de tissu enflé ou relativement intact, créant ainsi une surface qui ressemble à des pavés.
C'est une description classique de la maladie de Crohn.
Voir ce mot dans un rapport peut paraître inquiétant, mais il ne faut pas l'interpréter isolément comme une prédiction de ce qui va se passer ensuite.
Ça décrit une apparence.
Ton équipe soignante doit encore évaluer quelle partie de l'intestin est touchée, quel est le degré d'activité global de la maladie, s'il y a des complications et ce que révèlent les autres examens.
C'est quoi, les « lésions manquées » lors d'une coloscopie ?
Les lésions en saut de lapin sont des zones d'inflammation intestinale séparées par des zones qui semblent relativement épargnées.
Ce motif irrégulier est caractéristique de la maladie de Crohn.
Par exemple, le médecin peut constater une inflammation au niveau de l'iléon terminal et d'une autre partie du côlon, alors que l'intestin entre ces deux zones semble relativement normal.
C'est différent du processus inflammatoire continu qu'on associe généralement à la colite ulcéreuse.
Mais dans la vraie vie, ça ne se passe pas toujours comme dans les manuels.
C'est une autre raison pour laquelle les médecins ont recours à la coloscopie, en plus des biopsies et d'autres données, plutôt que de se fier à un seul signe visuel pour distinguer les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. [1,2]
Qu'est-ce que ça veut dire, « sténose », sur ton compte-rendu de coloscopie ?
Une sténose, c'est une zone où l'intestin s'est rétréci.
La maladie de Crohn peut entraîner un rétrécissement dû à une inflammation active, à une cicatrisation à long terme ou à une combinaison des deux.
Pendant une coloscopie, le médecin peut remarquer un rétrécissement ou constater que l'endoscope ne peut pas passer en toute sécurité dans une partie de l'intestin.
Une sténose peut être grave, car un rétrécissement important peut compliquer le passage des aliments et du contenu intestinal.
Mais une coloscopie ne permet pas toujours aux médecins d'en savoir tout ce qu'ils doivent savoir sur une sténose.
Les examens d'imagerie, comme l'entérographie par résonance magnétique (MRE), l'échographie intestinale ou l'entérographie par tomodensitométrie, peuvent donner plus d'infos sur la paroi intestinale et les zones inaccessibles au coloscope. [2]
Si ton rapport mentionne une sténose, demande :
« À quel point ce rétrécissement est-il important, et est-ce que j'ai besoin d'un autre examen pour l'évaluer ? »
Si tu ressens de fortes douleurs abdominales, des vomissements persistants, un gonflement du ventre ou une incapacité à aller à la selle ou à évacuer des gaz, consulte d'urgence un médecin, car ces symptômes peuvent être le signe d'une occlusion intestinale.
Pourquoi fait-on des biopsies lors d'une coloscopie pour la maladie de Crohn ?
Les biopsies permettent à un pathologiste d'examiner de minuscules échantillons de tissu intestinal au microscope.
Ça peut permettre de repérer des changements qui ne sont pas forcément visibles juste avec la caméra de la coloscopie.
On peut faire des biopsies sur les zones enflammées et sur celles qui ont l'air normales.
Lorsqu'on cherche à diagnostiquer la maladie de Crohn, les résultats de l'examen pathologique peuvent aider les médecins à comprendre le type et le profil de l'inflammation et à distinguer les causes possibles.
Tu pourrais tomber sur des termes comme :
- inflammation active
- inflammation chronique
- inflammation chronique active
- modifications apportées à Crypt
- granulomes
- aucune anomalie notable
Ces mots, il faut les replacer dans leur contexte.
Par exemple, le terme « inflammation chronique » désigne généralement des modifications liées à une inflammation qui dure depuis un certain temps. Le terme « active » fait référence aux signes d'une activité inflammatoire actuelle.
Aucune de ces deux expressions, prise isolément, ne te dit tout sur la gravité ou l'évolution future de ta maladie de Crohn.
Qu'est-ce qu'un granulome sur une biopsie de la maladie de Crohn ?
Un granulome, c'est un amas particulier de cellules immunitaires qu'on peut parfois observer au microscope dans la maladie de Crohn.
Quand on observe un type de granulome caractéristique dans le bon contexte clinique, ça peut confirmer le diagnostic de la maladie de Crohn.
Mais il y a deux choses importantes à savoir.
D'abord, beaucoup de personnes atteintes de la maladie de Crohn ne présentent pas de granulomes sur leurs biopsies.
Le fait de ne pas en trouver n'exclut pas la maladie de Crohn.
D'autre part, les granulomes peuvent avoir d'autres causes ; c'est pourquoi le pathologiste et le gastro-entérologue continuent d'interpréter ce résultat en tenant compte de l'ensemble des examens effectués.
Ne t'inquiète pas si ton rapport de biopsie ne mentionne pas de granulomes.
C'est un indice possible, mais pas un critère obligatoire pour la maladie de Crohn.
Est-ce qu'une coloscopie permet de confirmer un diagnostic de maladie de Crohn ?
Une coloscopie avec prélèvements est un élément important du diagnostic de la maladie de Crohn, mais il n'existe pas d'examen unique permettant de confirmer tous les cas.
En général, les médecins posent le diagnostic de la maladie de Crohn en se basant sur plusieurs éléments.
Ça peut inclure :
- tes symptômes et tes antécédents médicaux
- examen physique
- analyses de sang
- analyses de selles
- iléocoloscopie et biopsies
- imagerie de l'intestin grêle
Les recommandations diagnostiques actuelles de l'ECCO préconisent l'iléocoloscopie avec biopsies, associée à une imagerie intestinale, comme examens de première intention chez les personnes chez qui on soupçonne une maladie inflammatoire de l'intestin. [2]
En effet, la maladie de Crohn peut toucher n'importe quelle partie du tube digestif et affecter l'intestin d'une manière que la coloscopie seule ne permet pas d'évaluer complètement.
Il peut donc arriver que tu aies fini ta coloscopie et qu'on te demande quand même de passer un autre examen.
Ça ne veut pas forcément dire que la coloscopie n'a pas été concluante ou qu'elle a échoué.
Ces tests permettent de répondre à différentes questions.
Peut-on avoir la maladie de Crohn si sa coloscopie est normale ?
Oui. Une coloscopie normale n'exclut pas toujours la maladie de Crohn.
Une coloscopie classique permet d'examiner le côlon et, en général, l'iléon terminal.
Mais la maladie de Crohn peut toucher d'autres parties de l'intestin grêle que l'endoscope ne peut pas atteindre.
Si tes symptômes, tes analyses de sang, tes analyses de selles ou d'autres éléments continuent de faire craindre une maladie de Crohn malgré une coloscopie normale, ton équipe soignante pourrait envisager des examens complémentaires.
Ça peut inclure une MRE, une échographie intestinale ou une endoscopie par capsule dans certains cas. [2]
L'endoscopie par capsule, ça consiste à avaler une petite caméra qui prend des images tout en parcourant le tube digestif.
Ça ne convient pas à tout le monde — par exemple, la présence d'un rétrécissement suspecté peut influencer la pertinence de l'endoscopie par capsule — donc le choix de l'examen dépend de chaque cas particulier.
Qu'est-ce que ça veut dire d'avoir une coloscopie normale quand on souffre déjà de la maladie de Crohn ?
Si tu souffres d'une maladie de Crohn confirmée et que ta coloscopie ne révèle que peu ou pas d'inflammation visible, ça peut être encourageant.
Ça peut indiquer une rémission endoscopique ou une guérison, selon les résultats et la terminologie utilisée.
C'est important, car le traitement moderne de la maladie de Crohn ne vise pas seulement à contrôler les symptômes.
Tu peux te sentir bien même si l'inflammation persiste. À l'inverse, tu peux présenter certains symptômes digestifs même lorsque l'inflammation liée à la maladie de Crohn s'est considérablement améliorée.
C'est pour ça que la coloscopie peut parfois servir à évaluer dans quelle mesure le traitement permet de contrôler la maladie. [2,3]
Une coloscopie qui ne révèle rien d'anormal ne veut pas dire que la maladie de Crohn est guérie.
La maladie de Crohn est une affection chronique, et un traitement d'entretien ainsi qu'un suivi peuvent encore s'avérer nécessaires.
N'arrête pas ton traitement juste parce que les résultats de ta coloscopie sont bons, sauf si ton équipe soignante t'a explicitement parlé de modifier ton traitement.
Qu'est-ce que ça veut dire « SES-CD » dans un compte-rendu de coloscopie pour la maladie de Crohn ?
SES-CD, c'est l'acronyme de « Simple Endoscopic Score for Crohn’s Disease » (score endoscopique simple pour la maladie de Crohn).
C'est un système qui sert à décrire le degré d'activité de la maladie de Crohn observé lors d'une iléocoloscopie.
Ce score prend en compte des critères comme :
- la taille des ulcères
- Quelle partie de la surface de l'intestin est ulcérée ?
- Quelle partie de la surface intestinale est touchée ?
- s'il y a un rétrécissement
Ces caractéristiques sont évaluées dans différentes parties de l'intestin.
Tu pourrais voir apparaître un numéro SES-CD dans ton rapport, notamment dans le cadre d'une prise en charge spécialisée des MICI ou lors d'une évaluation systématique de l'activité de la maladie.
Ce chiffre ne doit pas être considéré comme un verdict définitif sur la « gravité » de ta maladie de Crohn.
Ton équipe soignante en tient compte en même temps que tes symptômes, tes coloscopies précédentes, tes biomarqueurs, tes examens d'imagerie, ton traitement et ta situation clinique globale.
Si tu remarques un score que tu ne connais pas dans ton rapport, le sitemama health peut t'aider à comprendre ce que ces termes signifient, tandis que ton gastro-entérologue pourra t'expliquer ce que ce score signifie pour toi d'un point de vue médical.
Qu'est-ce que ça veut dire, une inflammation « légère », « modérée » ou « grave » ?
Ces mots décrivent le degré d'inflammation observé ou signalé, mais leur sens exact dépend du contexte dans lequel ils sont utilisés.
Un compte-rendu de coloscopie peut indiquer qu'une partie spécifique de l'intestin présente une inflammation légère, modérée ou sévère.
Ça ne revient pas forcément à dire que ta maladie de Crohn, dans son ensemble, est légère, modérée ou grave.
Ta situation globale peut dépendre de bien plus que de l'aspect d'une seule partie de ton corps.
Les médecins peuvent envisager :
- quelle partie de l'intestin est touchée
- la profondeur des ulcères
- symptômes
- marqueurs sanguins et fécaux
- sténoses, fistules ou abcès
- effets nutritionnels
- évolution antérieure de la maladie
- résultats d'imagerie
Donc, si ton rapport mentionne une « inflammation légère », ne pense pas que ça t'indique automatiquement le traitement dont tu as besoin.
Et si c'est écrit « grave », ne pense pas que ce mot prédit ton avenir à long terme.
Demande-toi comment cette découverte s'inscrit dans le contexte global.
Pourquoi les résultats de ta coloscopie et tes symptômes pourraient-ils ne pas correspondre ?
Parce que les symptômes et l'inflammation liée à la maladie de Crohn ne vont pas toujours de pair.
Tu peux présenter des symptômes importants sans qu'il y ait beaucoup d'inflammation visible.
Tu peux aussi te sentir relativement bien même si l'inflammation est toujours présente.
C'est pour ça que le suivi moderne de la maladie de Crohn ne se base pas uniquement sur ce que tu ressens. Les données objectives issues des biomarqueurs, de l'imagerie et de l'endoscopie peuvent aider les équipes soignantes à évaluer l'activité de la maladie et la réponse au traitement. [2,3]
Si ta coloscopie ne révèle rien d'anormal mais que tu continues à souffrir de diarrhée, de douleurs ou de ballonnements, ça ne veut pas dire que tes symptômes sont imaginaires.
Ton équipe soignante pourrait envisager d'autres explications et décider s'il faut faire d'autres examens.
De même, si tu te sens bien mais que ta coloscopie révèle toujours une inflammation, ton médecin voudra peut-être discuter avec toi pour voir si le traitement actuel atteint bien l'objectif visé.
Que se passe-t-il après une coloscopie qui laisse penser à une maladie de Crohn ?
La prochaine étape dépendra de l'exhaustivité du bilan diagnostique.
Si des biopsies ont été réalisées, tu devras peut-être attendre le rapport d'anatomopathologie.
Ton équipe soignante pourrait aussi te demander de passer des analyses de sang, des analyses de selles ou des examens d'imagerie supplémentaires.
Une fois les informations disponibles examinées, ton gastro-entérologue pourra te dire si les résultats corroborent le diagnostic de la maladie de Crohn et ce que ça signifie pour toi.
Si on te diagnostique la maladie de Crohn, les questions qui se posent généralement ensuite sont les suivantes :
Où se trouve la maladie ?
C'est très animé ?
Y a-t-il des complications ?
Quel traitement est le plus judicieux ?
Notre guide sur ce qui se passe après un nouveau diagnostic de la maladie de Crohn t'explique cette étape suivante plus en détail.
Que se passe-t-il après une coloscopie si tu souffres déjà de la maladie de Crohn ?
Si la coloscopie a été réalisée pour évaluer une maladie de Crohn déjà diagnostiquée, la suite dépendra de ses résultats.
Si l'inflammation s'est nettement améliorée, ton équipe soignante pourrait décider de poursuivre la stratégie d'entretien actuelle.
Si l'inflammation reste importante, ils peuvent se demander si le traitement actuel atteint son objectif.
Ça veut pas dire qu'un résultat anormal à la coloscopie mène automatiquement à un nouveau médicament.
Ton gastro-entérologue peut prendre en compte tes symptômes, tes biomarqueurs, tes examens d'imagerie, la durée de ton traitement, ta réponse antérieure et d'autres facteurs avant de décider de la marche à suivre.
Si on envisage de changer de traitement, consulte notre guide sur la maladie de Crohn options thérapeutiques explique les principales catégories de médicaments et les questions qu'il faut se poser.
Quelles questions devrais-tu poser à ton médecin à propos des résultats de ta coloscopie liée à la maladie de Crohn ?
Tu n'as pas besoin de comprendre chaque ligne du rapport.
Quelques questions peuvent permettre de mieux comprendre les résultats :
- Quelles parties de mon intestin as-tu examinées ?
- Où as-tu constaté une inflammation ?
- Est-ce que mon iléon terminal était touché ?
- Y avait-il des ulcères ?
- T'as remarqué un rétrécissement ?
- Tu as pu examiner tout le côlon et l'iléon terminal ?
- Où les biopsies ont-elles été réalisées ?
- Qu'est-ce que les biopsies ont révélé ?
- Est-ce que ces résultats confirment le diagnostic de la maladie de Crohn ?
- Est-ce que j'ai besoin d'un examen d'imagerie de l'intestin grêle ?
- Si je souffre déjà de la maladie de Crohn, est-ce que l'inflammation s'est améliorée depuis mon dernier bilan ?
- Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?
- Est-ce que ces résultats vont changer mon traitement ?
Si ton médecin utilise un terme que tu ne comprends pas, demande-lui de te l'expliquer.
Les rapports médicaux sont avant tout rédigés pour faciliter la communication entre professionnels de santé. Ce n'est pas parce que tu les trouves difficiles à lire que tu échoues à un examen.
Comment mama health peut-il t'aider à comprendre un compte-rendu de coloscopie ?
Le compte-rendu d'une coloscopie peut t'arriver bien avant que tu aies eu l'occasion d'en discuter en détail avec ton gastro-entérologue.
Ce décalage peut être gênant.
Tu pourrais tomber sur un cas d'iléite terminale et te demander si ça confirme la maladie de Crohn. Tu pourrais voir des ulcérations et t'inquiéter de ce que ça veut dire. Ou alors, ton rapport pourrait mentionner un score SES-CD sans expliquer ce que ces lettres signifient.
Avec mama healthtu peux :
- Comprends tes rapports médicaux. Découvre la signification de termes peu familiers tels que « iléite », « ulcération », « biopsies », « sténoses » et « SES-CD ».
- Pose des questions sur la maladie de Crohn. Obtiens des infos claires sur la terminologie et les examens couramment utilisés pour diagnostiquer ou suivre la maladie de Crohn.
- Inspire-toi de l'expérience des personnes atteintes de la maladie de Crohn. Découvre ce que d'autres ont vécu concernant la préparation à la coloscopie, l'attente des résultats, les rendez-vous de suivi et la prise en charge à long terme.
- Trouve des spécialistes et des soins près de chez toi. Découvre les soins adaptés en gastro-entérologie et dans le domaine des MICI si tu veux savoir quels types de prise en charge spécialisée sont disponibles.
mama health Ça ne permet pas de déterminer si une coloscopie confirme la maladie de Crohn, d'évaluer la gravité de ta maladie, ni de décider s'il faut changer de traitement.
Ces conclusions, c'est à ton équipe soignante de les examiner.
Mais comprendre ce qui est écrit peut vraiment faciliter la conversation avec eux.
Qu'est-ce qu'il faut garder à l'esprit quand tu lis les résultats de ta coloscopie pour la maladie de Crohn ?
Un compte-rendu de coloscopie, c'est juste une partie de l'histoire.
Des mots comme « ulcère », « iléite », « sténose » ou « aspect pavé » peuvent faire peur quand tu les vois hors contexte.
Essaie de ne pas tirer de conclusion à partir d'un seul mot.
Un résultat anormal ne te dit pas tout sur la façon dont ta maladie de Crohn va évoluer.
Une coloscopie qui ne révèle rien d'anormal n'exclut pas toujours la présence d'une maladie ailleurs dans le tube digestif.
Et si tu souffres déjà de la maladie de Crohn, un résultat de coloscopie satisfaisant ne signifie pas forcément que le traitement et le suivi sont terminés.
Au lieu de ça, ramène le rapport à ces trois questions :
Qu'est-ce que t'as trouvé ?
Comment ça s'accorde avec mes autres résultats ?
Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?
Ces réponses sont bien plus utiles que d'essayer d'interpréter le rapport en décortiquant un mot inconnu à la fois.
Quels sont les meilleurs aliments à manger quand on souffre de la maladie de Crohn ?
Les meilleurs aliments, ce sont ceux que tu supportes bien et qui t'apportent en même temps suffisamment d'énergie, de protéines, de vitamines et de minéraux.
Ça a l'air moins accrocheur qu'une liste des « 10 superaliments pour la maladie de Crohn », mais c'est bien plus utile.
La maladie de Crohn peut avoir plusieurs répercussions sur l'alimentation. Les symptômes peuvent réduire l'appétit. L'inflammation de l'intestin grêle peut nuire à l'absorption des nutriments. Une intervention chirurgicale et certains médicaments peuvent aussi avoir un impact sur les besoins nutritionnels. [1]
Donc, quand on a la maladie de Crohn, manger, c'est pas juste une question d'éviter les symptômes.
Il s'agit aussi de t'assurer que tu as un apport nutritionnel suffisant.
Quand ta maladie de Crohn est relativement stable, voici quelques aliments autour desquels tu peux organiser tes repas :
- protéines : œufs, poisson, poulet, dinde, tofu, yaourt, fromage, haricots ou lentilles si tu les supportes
- glucides : pommes de terre, riz, avoine, pain, pâtes et autres céréales
- légumes : toute une variété de légumes aux textures que tu supportes
- fruits : frais, cuits, pelés, mixés ou préparés comme tu veux
- aliments riches en calcium : lait, yaourt, fromage ou alternatives enrichies si les produits laitiers ne conviennent pas
- matières grasses : huile d'olive, avocat, pâtes à tartiner aux fruits à coque, fruits à coque, graines et autres sources que tu supportes bien
Tu n'es pas obligé de manger tous les aliments de cette liste.
Et le fait d'être atteint de la maladie de Crohn ne veut pas forcément dire que tu dois éviter les céréales complètes, les légumes, les produits laitiers, le gluten, les fruits à coque ou d'autres grands groupes d'aliments.
L'objectif, c'est de varier autant que possible, en fonction de ta maladie et de ta tolérance.
À quoi devrait ressembler un repas adapté à la maladie de Crohn ?
Un repas pratique peut se composer de trois éléments simples : une source de protéines, des glucides et des fruits ou des légumes que tu supportes bien.
Par exemple :
Petit-déjeuner : flocons d'avoine avec une banane et du yaourt.
Déjeuner : poulet avec du riz et des légumes cuits.
Dîner : poisson au four avec des pommes de terre et des carottes.
Collation : un yaourt aux fruits, une tartine au beurre de noix ou un œuf avec des crackers.
Ce ne sont que des exemples, pas un régime alimentaire prescrit pour la maladie de Crohn.
Si les haricots te conviennent bien, ils peuvent être une source de protéines. S'ils te donnent des ballonnements et te causent des désagréments, choisis autre chose.
Si les carottes crues te posent problème, tu verras peut-être que les carottes cuites, c'est une autre histoire.
Si les produits laitiers te posent problème, les alternatives sans lactose ou enrichies, autres que les produits laitiers, pourraient te convenir mieux.
L'idée, c'est de composer ses repas en fonction des besoins nutritionnels et de ce qu'on supporte, plutôt qu'en se basant sur une liste rigide d'aliments « sans risque ».
Que faut-il manger en cas de poussée de la maladie de Crohn ?
Pendant une poussée, il faudra peut-être simplifier un peu tes repas pendant quelque temps.
La diarrhée, les douleurs abdominales, les nausées, les envies pressantes et le manque d'appétit peuvent tous rendre difficile la prise de repas normaux.
Certaines personnes trouvent que les petits repas et les aliments plus mous ou plus faciles à digérer sont plus faciles à gérer quand les symptômes sont présents.
En fonction de ta tolérance personnelle, voici quelques options possibles :
- riz blanc
- des pommes de terre sans la peau
- pâtes
- du pain blanc ou au levain
- flocons d'avoine ou bouillie onctueuse
- bananes
- compote de pommes ou compote de fruits
- des légumes épluchés ou bien cuits
- œufs
- du poulet ou de la dinde tendre
- poisson
- tofu
- du yaourt, si tu supportes les produits laitiers
- soupes onctueuses
- du beurre de noix plutôt que des noix entières, si tu le supportes
Ce n'est pas un « régime anti-poussée » prescrit par un médecin, et tu n'es pas obligé de ne manger que ces aliments.
Les recommandations actuelles en matière de nutrition clinique indiquent clairement qu'il n'existe pas de régime alimentaire spécifique pour les MICI qui puisse être recommandé pour induire une rémission chez toutes les personnes atteintes d'une forme active de la maladie. [2]
Considère ces aliments comme des pistes possibles quand tu as du mal à manger, et non comme des aliments dont l'efficacité pour traiter la poussée elle-même a été prouvée.
À quoi pourrait ressembler un petit-déjeuner pendant une poussée de la maladie de Crohn ?
Le petit-déjeuner, ça n'a pas besoin d'être compliqué.
Si ton petit-déjeuner habituel, riche en fibres, te cause des désagréments, tu pourrais essayer quelque chose de plus léger pendant quelque temps.
Voici quelques exemples :
Porridge à la banane : fais cuire les flocons d'avoine jusqu'à ce qu'ils soient tendres, puis ajoute une banane mûre. Ajoute du yaourt ou du beurre de noix onctueux si tu les tolères et que tu as besoin d'un apport supplémentaire en protéines ou en énergie.
Des œufs et des toasts : des œufs brouillés accompagnés de toasts peuvent t'apporter des protéines et des glucides sans que tu aies besoin d'un gros repas.
Yaourt et banane : si tu supportes les produits laitiers, un yaourt accompagné de fruits mûrs peut t'aider quand tu n'as pas très faim.
Le porridge onctueux : préparé avec du lait, du lait sans lactose ou une alternative enrichie, il peut t'apporter plus d'énergie que si tu ne mangeais que très peu.
Un bon petit-déjeuner, c'est celui que tu peux vraiment manger tranquillement.
Si tu as du mal à te lever le matin, un petit-déjeuner plus léger suivi d'une collation plus tard dans la matinée peut te sembler plus facile à gérer que de te forcer à avaler un gros repas d'un coup.
À quoi pourrait ressembler un déjeuner pendant une poussée de la maladie de Crohn ?
Le déjeuner peut suivre le même principe : des aliments simples, suffisamment nutritifs et dont tu supportes bien les textures.
Voici quelques combinaisons possibles :
Poulet et riz : du poulet tendre accompagné de riz blanc et de carottes ou de courgettes bien cuites.
Pomme de terre au four et thon : une pomme de terre sans la peau accompagnée de thon, selon ce que tu supportes.
Une soupe onctueuse au pain : une soupe de légumes mixée avec du pain, accompagnée d'une source de protéines.
Bol d'œufs et de riz : des œufs avec du riz et des légumes cuits à point.
Si tu as du mal à manger des légumes pendant une poussée, les cuire, les éplucher, les mixer ou les réduire en purée peut changer considérablement leur texture.
Tu n'es pas obligé de les enlever complètement.
À quoi pourrait ressembler un dîner pendant une poussée de la maladie de Crohn ?
Le dîner, ça peut être tout aussi simple.
Voici quelques exemples :
Du poisson au four, de la purée de pommes de terre et des carottes cuites.
Du poulet, du riz et des courgettes tendres.
Des pâtes avec une sauce toute simple et une source de protéines que tu supportes bien.
Une omelette aux pommes de terre et aux légumes bien cuits.
Tu remarqueras peut-être qu'aucun de ces repas n'est particulièrement élaboré.
C'est fait exprès.
Quand les symptômes sont présents, l'objectif n'est pas forcément de créer la « recette pour les MICI » parfaite, digne d'Instagram. Parfois, il suffit juste de manger suffisamment pendant la journée sans que ça rende les symptômes plus difficiles à gérer.
Quels en-cas peut-on manger quand on souffre de la maladie de Crohn ?
Les en-cas peuvent être particulièrement utiles quand on a du mal à manger des repas copieux.
En fonction de ce que tu supportes, voici quelques idées :
- banane
- yaourt
- du fromage et des crackers
- une tartine avec du beurre de noisettes onctueux
- œufs durs
- compote de pommes
- galettes de riz
- un smoothie
- du houmous avec un ingrédient que tu supportes
- fruits rouges
- des céréales avec du lait ou une alternative enrichie
Si tu perds du poids ou que tu as du mal à manger suffisamment, les collations peuvent aussi t'aider à augmenter ton apport global en énergie et en protéines sans avoir à prendre un repas beaucoup plus copieux.
Un diététicien spécialisé dans les MICI peut te donner des conseils plus personnalisés si tu as du mal à maintenir ton poids.
Que faut-il manger quand la maladie de Crohn est en rémission ?
Quand la maladie de Crohn est en rémission, on peut se concentrer davantage sur la variété et adopter un régime alimentaire globalement sain.
Les recommandations de l'ESPEN préconisent des habitudes alimentaires saines pendant la rémission, tout en tenant compte des intolérances alimentaires individuelles et des éventuels problèmes cliniques en cours. Elles ne préconisent pas de régime alimentaire spécifique pour la rémission valable pour toutes les personnes atteintes de MICI. [2]
Pour beaucoup de gens, ça veut dire recommencer à diversifier progressivement leur alimentation si certains aliments avaient été exclus pendant une poussée.
Tu pourrais peut-être inclure :
- une plus grande variété de fruits et légumes
- céréales complètes
- haricots et légumineuses
- noix et graines
- poisson
- œufs
- viandes maigres ou volaille
- produits laitiers ou substituts enrichis
- l'huile d'olive et d'autres graisses insaturées
C'est à toi de choisir la combinaison qui te convient.
Si tu as évité un aliment pendant une poussée parce qu'il te causait des symptômes désagréables, ça ne veut pas forcément dire que tu dois l'exclure définitivement de ton alimentation.
Ta tolérance pourrait évoluer une fois que la maladie se sera stabilisée.
Faut-il manger plus de fruits et de légumes pendant la rémission ?
Les fruits et légumes peuvent faire partie d'une alimentation saine lorsque la maladie de Crohn est en rémission, à condition que tu les supportes bien.
Le NIDDK souligne qu'une alimentation variée et équilibrée peut favoriser un microbiote intestinal sain et que les médecins peuvent recommander de consommer davantage de fruits et de légumes aux personnes atteintes de la maladie de Crohn. [1]
Ça ne veut pas dire qu'il faut passer d'un apport très faible en fibres pendant une poussée difficile à d'énormes salades du jour au lendemain.
Diversifie ton alimentation au rythme qui te convient.
La préparation, ça peut aussi faire la différence.
Tu supportes peut-être les épinards cuits, mais tu as du mal avec une grande salade de crudités. Les fruits pelés te semblent peut-être plus faciles à manger que ceux avec la peau. Un légume mixé dans une soupe peut te sembler différent du même légume cru.
Il y a plusieurs façons d'intégrer un aliment à ton alimentation.
Faut-il manger des aliments pauvres en fibres pendant une poussée de la maladie de Crohn ?
Ce n'est pas parce qu'on souffre d'une maladie de Crohn active qu'on a forcément besoin d'un régime pauvre en fibres.
Certaines personnes trouvent que réduire temporairement leur consommation de certains aliments riches en fibres permet de mieux gérer leurs symptômes, surtout quand la diarrhée, les douleurs abdominales ou les ballonnements sont très présents.
Mais les fibres ne doivent pas pour autant être automatiquement considérées comme l'ennemi.
En période de rémission, les recommandations en matière de nutrition clinique favorisent des habitudes alimentaires saines plutôt qu'une restriction systématique et à long terme en fibres. [2]
Il y a une exception importante : un rétrécissement de l'intestin, ou une sténose.
Si la maladie de Crohn a provoqué un rétrécissement d'une partie de ton intestin, ton équipe soignante ou ton diététicien pourrait te recommander d'adapter ta consommation de fibres et la texture de tes aliments pour réduire le risque que les aliments aient du mal à passer par cette zone.
Si tu sais que tu souffres d'une sténose, les listes alimentaires génériques pour la maladie de Crohn ne suffisent pas. Demande à ton équipe soignante ce qui te convient le mieux.
Que faut-il boire quand on souffre de la maladie de Crohn ?
L'eau, c'est un bon point de départ, et il est particulièrement important de boire suffisamment quand tu as souvent la diarrhée.
La diarrhée te fait perdre à la fois de l'eau et des électrolytes.
En fonction de la quantité de liquide que tu perds, ton équipe soignante pourrait te recommander une solution de réhydratation par voie orale plutôt que de te contenter de boire de l'eau plate.
Certaines boissons peuvent aussi aggraver les problèmes digestifs chez certaines personnes.
Par exemple, la caféine peut stimuler le transit intestinal, et l'alcool peut être mal toléré. Les boissons très sucrées peuvent rendre la diarrhée plus difficile à gérer chez certaines personnes.
Ça ne veut pas dire que toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn doivent renoncer définitivement au café.
Sois à l'écoute de ce qui se passe dans ton corps.
Que faut-il manger quand on a la diarrhée ?
Si la diarrhée est un symptôme majeur, la priorité absolue est de veiller à ne pas te déshydrater.
La tolérance alimentaire varie d'une personne à l'autre, mais certaines trouvent que les aliments moins gras et plus mous sont plus faciles à digérer quand elles ont souvent la diarrhée.
Tu peux choisir du riz, des pommes de terre, des bananes, des toasts, des flocons d'avoine, des œufs, du poisson ou d'autres aliments que tu supportes bien.
La caféine, l'alcool, les aliments très gras, les grandes quantités de sucres simples et certains produits laitiers peuvent aggraver la diarrhée chez certaines personnes.
Mais une diarrhée persistante ne doit pas être traitée simplement en supprimant de plus en plus d'aliments.
Si ce symptôme est nouveau, intense ou s'aggrave, parles-en à ton équipe soignante. L'inflammation liée à la maladie de Crohn est une cause possible, mais ce n'est pas la seule.
Que faut-il manger quand on perd du poids à cause de la maladie de Crohn ?
Si tu perds du poids sans le vouloir, il est particulièrement important de manger suffisamment.
Les symptômes de la maladie de Crohn peuvent pousser les gens à manger moins, tandis que l'inflammation de l'intestin grêle peut nuire à l'absorption des nutriments. Ces deux facteurs peuvent contribuer à un mauvais état nutritionnel. [1]
Tu trouveras peut-être plus facile de prendre des petits repas plus souvent plutôt que d'essayer de finir trois gros repas.
Ajouter de l'énergie et des protéines aux aliments que tu supportes déjà peut aussi permettre à chaque repas d'être plus nourrissant.
Selon ce qui te convient le mieux, ça peut vouloir dire d'ajouter :
- huile d'olive
- avocat
- beurre de noix onctueux
- fromage
- yaourt
- œufs
- du lait ou des substituts enrichis
- du poisson, du poulet, du tofu ou une autre source de protéines en plus
Si tu perds beaucoup de poids ou si cette perte de poids se poursuit, parle-en à ton équipe soignante.
C'est le moment idéal pour te renseigner sur un diététicien spécialisé dans les MICI, plutôt que d'essayer de résoudre le problème uniquement avec des recettes trouvées sur Internet.
Comment faire pour avoir un apport suffisant en protéines quand on souffre de la maladie de Crohn ?
Les protéines sont importantes pour préserver la masse musculaire et soutenir l'organisme, et tes besoins peuvent devenir particulièrement importants en cas de maladie ou après une opération.
Tu peux trouver des protéines dans plein d'aliments différents.
Voici les options disponibles :
- poisson
- poulet ou dinde
- œufs
- produits laitiers
- le tofu et d'autres aliments à base de soja
- haricots et lentilles
- pâtes à tartiner aux fruits à coque
- viande
- des produits nutritionnels enrichis, quand c'est cliniquement indiqué
Tu n'as pas besoin de manger de la viande pour avoir assez de protéines.
Et si tu as du mal à manger des haricots ou des noix entières, il y a d'autres solutions.
Quand on n'a pas très faim, il est parfois plus facile de répartir les apports en protéines sur plusieurs petits repas et collations plutôt que d'essayer de manger une grosse portion au dîner.
Quelles vitamines et quels minéraux faut-il prendre en compte quand on souffre de la maladie de Crohn ?
La maladie de Crohn peut augmenter le risque de carences nutritionnelles, mais les nutriments importants varient d'une personne à l'autre.
Ton équipe soignante peut vérifier certains paramètres, comme :
- fer
- vitamine B12
- folate
- vitamine D
D'autres nutriments peuvent être évalués en fonction de ta maladie, de ton régime alimentaire, de tes antécédents chirurgicaux et des médicaments que tu prends.
Par exemple, la maladie de Crohn qui touche l'extrémité de l'intestin grêle ou qui nécessite une intervention chirurgicale à ce niveau peut nuire à l'absorption de la vitamine B12.
La solution, ce n'est pas de te mettre à prendre tous les compléments alimentaires que tu trouves.
Le NIDDK recommande de parler des compléments alimentaires avec ton médecin, car les besoins varient d'une personne à l'autre. [1]
Si tes résultats d'analyses sanguines contiennent des termes que tu ne comprends pas, le sitemama health peut t'aider à comprendre tes analyses et tes rapports dans un langage plus simple. Ton équipe soignante pourra alors te dire si un résultat particulier nécessite un traitement.
Les smoothies, c'est bon pour la maladie de Crohn ?
Les smoothies peuvent être utiles pour certaines personnes, surtout quand elles n'ont pas très faim ou qu'elles ont du mal à manger certains aliments à cause de leur texture.
Par exemple, un smoothie peut être composé de banane, de yaourt ou d'une alternative enrichie, et de beurre de noix onctueux.
Mais un smoothie n'est pas forcément « adapté à la maladie de Crohn ».
Un gros smoothie bourré de légumes crus, d'écorces de fruits, de graines, d'édulcorants et de plein d'autres ingrédients pourrait être difficile à digérer pour quelqu'un qui souffre de diarrhée ou de ballonnements.
Commence par des ingrédients que tu sais déjà que tu supportes bien.
Si tu prends des smoothies parce que tu as du mal à manger des aliments solides, dis-le à ton équipe soignante.
Y a-t-il des recettes adaptées à la maladie de Crohn que tout le monde peut manger ?
Aucune recette ne fonctionne forcément pour toutes les personnes atteintes de la maladie de Crohn.
Mais tu peux rendre les recettes plus faciles à adapter.
Prends un simple bol de riz.
Commence par du riz. Ajoute du poulet, du poisson, du tofu ou des œufs pour les protéines. Ajoute des légumes sous une forme que tu supportes bien — peut-être cuits et épluchés en période de poussée, et plus variés quand tu te sens bien. Ajoute une sauce ou une matière grasse qui te convient.
Le même principe s'applique aux pâtes, aux pommes de terre, aux soupes, aux omelettes et au porridge.
Au lieu de chercher un plat portant la mention « adapté à la maladie de Crohn », demande :
Est-ce que je peux adapter la texture, la quantité, les ingrédients ou la préparation pour que cette recette me convienne ?
Cette approche t'offre bien plus de possibilités.
À quoi pourrait ressembler un programme alimentaire d'une journée pour les personnes atteintes de la maladie de Crohn ?
Il n'y a pas de régime alimentaire universel pour la maladie de Crohn, mais voir un exemple concret peut aider à rendre l'alimentation moins abstraite.
Pour quelqu'un qui présente des symptômes actifs et qui supporte bien ces aliments, une journée pourrait se dérouler comme ça :
Petit-déjeuner : porridge bien moelleux avec une banane et du yaourt.
Collation du matin : une tartine avec du beurre de noisettes onctueux.
Déjeuner : du poulet, du riz blanc et des carottes bien cuites.
Goûter : un yaourt ou un smoothie préparé avec des ingrédients que tu supportes bien.
Dîner : poisson au four, purée de pommes de terre et courgettes cuites.
Collation du soir : des crackers avec du fromage ou une autre source de protéines.
Pendant la rémission, cette même personne pourrait diversifier ses repas en y incluant davantage de légumes, de céréales complètes, de légumineuses, de fruits à coque, de graines et de fruits variés.
C'est juste un exemple, pas un programme alimentaire qui te correspond.
Si tu souffres d'une sténose, d'une perte de poids importante, de carences nutritionnelles, d'allergies alimentaires, de la maladie cœliaque ou si tu as d'autres besoins alimentaires particuliers, ton programme alimentaire devra peut-être être complètement différent.
Comment le site mama health peut-il t'aider à répondre à tes questions quotidiennes sur l'alimentation ?
Certaines questions sur la nutrition sont étonnamment précises.
Qu'est-ce que les autres mangent avant un long voyage ?
Comment les gens gèrent-ils leurs restos quand y a une poussée ?
C'est quoi ce résultat de vitamine sur ma prise de sang ?
Est-ce que les autres trouvent que le petit-déjeuner est plus compliqué que le dîner ?
Ces questions ne trouvent pas toujours facilement leur place dans une consultation médicale rapide.
Avec mama healthtu peux :
- Pose des questions sur la maladie de Crohn et l'alimentation. Obtiens des infos claires quand tu te poses des questions au quotidien.
- Inspire-toi de l'expérience des personnes atteintes de la maladie de Crohn. Découvre comment les autres vivent les repas, l'appétit, les sorties au restaurant, les poussées, les voyages et leur alimentation au quotidien.
- Comprends bien tes analyses et tes résultats. Apprends à mieux décrypter les termes techniques liés au fer, à la vitamine B12, à la vitamine D, à l'inflammation et à d'autres résultats.
- Trouve des spécialistes et des soins près de chez toi. Découvre les soins adaptés dont tu as besoin quand tu as besoin d'un peu plus de soutien, notamment des soins spécialisés en gastro-entérologie.
Les expériences des autres peuvent t'apporter un contexte utile et te donner des idées.
Ils ne peuvent pas te dire quels aliments sont adaptés d'un point de vue médical à ta maladie de Crohn.
Utilise-les en complément — et non à la place — des conseils de ton équipe soignante ou de ton diététicien.
Qu'est-ce qu'il faut retenir sur l'alimentation quand on souffre de la maladie de Crohn ?
Ton alimentation n'a pas besoin d'être exactement la même pendant une poussée et pendant une rémission.
Quand les symptômes sont présents, manger peut devenir plus facile pendant un certain temps. Des aliments plus mous, des portions plus petites ou des textures différentes peuvent t'aider à mieux passer la journée.
Quand tu te sens mieux, l'objectif est généralement de diversifier à nouveau ton alimentation et de manger une grande variété d'aliments nutritifs que tu supportes bien.
Mais surtout, ne laisse pas ta quête du régime alimentaire idéal pour la maladie de Crohn te faire avoir peur de manger.
Si tu te rends compte que tu élimines de plus en plus d'aliments de ton alimentation, que tu perds du poids, que tu as du mal à manger suffisamment ou que tu te fais du souci à chaque repas, demande de l'aide.
La liste d'aliments la plus utile, ce n'est pas la plus longue liste de ce que tu as le droit de manger.
C'est un régime qui t'apporte suffisamment de nutriments, assez de variété et assez de souplesse pour t'aider à gérer ta maladie de Crohn au fur et à mesure qu'elle évolue.
Ce contenu est purement informatif et ne constitue en aucun cas un avis médical.
mama health propose des informations et un soutien, mais ne remplace pas ton médecin.
- Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales (NIDDK). Alimentation, régime et nutrition en cas de maladie de Crohn. Instituts nationaux de la santé. Mis à jour en juillet 2024.
- Bischoff SC, et al. Recommandations de l'ESPEN sur la nutrition clinique dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Clinical Nutrition. 2023 ; 42 : 352-379.
- Gordon H, Minozzi S, Kopylov U, et al. Recommandations de l'ECCO sur la prise en charge thérapeutique de la maladie de Crohn : traitement médical. Journal of Crohn’s and Colitis. 2024 ; 18(10) : 1531-1555.
- Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales (NIDDK). Traitement de la maladie de Crohn. Instituts nationaux de la santé.
