Maladie de Crohn ou syndrome du côlon irritable ? Comment les médecins font-ils la différence et quand faut-il demander des examens ?

Dr Jonas Witt
Médecin
8 min de lecture
-
18 septembre 2026

Points à retenir

  • La maladie de Crohn et le syndrome du côlon irritable peuvent tous les deux provoquer des douleurs abdominales, de la diarrhée, des ballonnements et des changements dans les habitudes intestinales.
  • La maladie de Crohn provoque une inflammation du tube digestif. Le syndrome du côlon irritable (SCI) n'entraîne pas l'inflammation intestinale caractéristique ni les lésions structurelles observées dans la maladie de Crohn.
  • Les symptômes seuls ne permettent pas toujours de distinguer de manière fiable la maladie de Crohn du syndrome du côlon irritable.
  • La calprotectine fécale est un marqueur de l'inflammation intestinale présent dans les selles qui peut aider les médecins à distinguer les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin des affections non inflammatoires, comme le syndrome du côlon irritable.
  • Les analyses de sang permettent de détecter une inflammation, une anémie ou d'autres signes, mais aucune analyse de sang ne permet à elle seule de diagnostiquer la maladie de Crohn.
  • Des symptômes persistants accompagnés de saignements rectaux, d'une perte de poids inexpliquée, d'une anémie, de marqueurs inflammatoires ou d'autres signes inquiétants peuvent justifier un examen médical plus approfondi.
  • Un examen de routine ne permet pas toujours de répondre à toutes les questions. Si les symptômes restent préoccupants, ton équipe soignante pourra décider s'il est nécessaire de faire des examens complémentaires.

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Douleurs abdominales. Diarrhée. Ballonnements. Besoin pressant d'aller aux toilettes. Des jours où tu te sens bien, suivis de jours où ton système digestif semble prendre le dessus.

Ces symptômes peuvent apparaître en cas de maladie de Crohn.

Ils peuvent aussi se manifester en cas de syndrome du côlon irritable (SCI).

Ce chevauchement peut rendre difficile de comprendre ce qui se passe, surtout si tes symptômes ont été diagnostiqués comme un syndrome du côlon irritable (SCI) mais ne semblent pas s'améliorer.

La différence la plus importante, c'est ce qui se passe à l'intérieur de l'intestin.

La maladie de Crohn est une forme de maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI) qui provoque une inflammation du tube digestif. Le syndrome du côlon irritable (SCI) peut entraîner des symptômes digestifs importants, mais il ne provoque pas l'inflammation intestinale caractéristique de la maladie de Crohn. [1–3]

Les médecins ne font donc pas la distinction entre ces deux pathologies en se basant uniquement sur les symptômes.

Ils examinent tes symptômes, tes antécédents médicaux, les résultats de ton examen physique et, parfois, des analyses pour détecter des signes d'inflammation, d'anémie, d'infection ou d'une autre cause possible. Un test sur les selles, appelé « calprotectine fécale », peut s'avérer particulièrement utile lorsque les médecins cherchent à distinguer une maladie inflammatoire de l'intestin du syndrome du côlon irritable. [1–3]

Si des examens complémentaires s'avèrent nécessaires, ça peut mener à une coloscopie, à des biopsies ou à des examens d'imagerie.

Si tu cherches à comprendre pourquoi un examen particulier a été prescrit, mama health peut t'aider à décrypter tes résultats d'analyses et tes rapports médicaux, à poser des questions sur la maladie de Crohn, à trouver des spécialistes et des soins près de chez toi, et à tirer des enseignements de l'expérience d'autres personnes atteintes de la même maladie.



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Qu'est-ce qu'une coloscopie permet de mettre en évidence dans le cas de la maladie de Crohn ?

Une coloscopie permet au médecin d'observer directement l'intérieur de ton côlon et, en général, l'iléon terminal, c'est-à-dire la dernière partie de l'intestin grêle.

Pendant l'intervention, on introduit par le rectum un tube souple muni d'une caméra, qu'on fait passer tout le long du côlon.

Le médecin examine la muqueuse intestinale pour détecter des signes d'inflammation et d'autres anomalies.

Dans la maladie de Crohn, ça peut inclure :

  • rougeurs et gonflements
  • ulcères
  • zones d'inflammation éparses
  • modifications de la surface normale de l'intestin
  • rétrécissement
  • des saignements ou des tissus fragiles
  • inflammation de l'iléon terminal

Le médecin peut aussi faire des biopsies, c'est-à-dire prélever de minuscules échantillons de tissu qu'on examine au microscope.

C'est important parce que l'aspect de l'intestin vu à la caméra et celui des tissus au microscope fournissent des informations différentes.

À quoi ressemble la maladie de Crohn lors d'une coloscopie ?

La maladie de Crohn peut présenter plusieurs aspects caractéristiques, mais il n'y a pas de signe coloscopique unique qui apparaisse chez toutes les personnes atteintes de cette maladie.

Un signe que les médecins peuvent observer, c'est une inflammation par plaques.

Contrairement à une inflammation qui s'étend de manière continue le long de l'intestin, la maladie de Crohn peut toucher une zone tout en laissant une autre relativement normale. Ces zones distinctes sont parfois appelées « lésions discontinues ».

Les médecins peuvent aussi constater la présence d'ulcères.

Ça peut aller de petits ulcères superficiels à des zones d'ulcération plus étendues ou plus profondes.

Une inflammation plus marquée due à la maladie de Crohn peut parfois donner un aspect « de pavés », avec des zones de tissus enflés séparées par des ulcères plus profonds.

Une inflammation au niveau de l'iléon terminal est également fréquente dans la maladie de Crohn.

Ces résultats peuvent aider à établir un diagnostic, mais ils ne sont pas interprétés isolément. Ton gastro-entérologue tiendra compte du tableau clinique global et des résultats des autres examens avant de déterminer ce que ces résultats signifient. [1,2]

Qu'est-ce que ça veut dire, « iléite », dans un compte-rendu de coloscopie ?

L'iléite, c'est l'inflammation de l'iléon, la partie finale de l'intestin grêle.

L'iléon terminal est particulièrement important dans la maladie de Crohn, car c'est un endroit où la maladie se manifeste souvent.

Si ton bilan mentionne une iléite terminale, ça veut dire que le médecin a constaté des signes d'inflammation dans cette zone.

Ça ne veut pas dire, en soi, que tu souffres forcément de la maladie de Crohn.

L'iléite peut avoir d'autres causes que la maladie de Crohn, notamment certaines infections et des effets indésirables liés à des médicaments. L'aspect de l'inflammation, les résultats de la biopsie, les symptômes, les antécédents médicaux et d'autres examens aident les médecins à en déterminer la cause. [1,2]

Donc, si ton bilan indique « iléite », la question utile à poser à ton gastro-entérologue est :

« À ton avis, qu'est-ce qui provoque cette inflammation ? »

plutôt que de partir du principe que le mot lui-même confirme un diagnostic.

Que signifient les ulcères lors d'une coloscopie chez un patient atteint de la maladie de Crohn ?

Les ulcères, ce sont des zones où l'inflammation a endommagé la surface de la muqueuse intestinale.

Ils peuvent apparaître dans le cadre de la maladie de Crohn.

Ton rapport peut les décrire de différentes manières, notamment comme des ulcères aphteux, des ulcères superficiels ou des ulcères profonds.

Les aphtes sont de petites lésions ulcéreuses. Une inflammation plus active ou plus grave peut s'accompagner d'aphtes plus grands ou plus profonds.

La présence, la taille, la profondeur et l'étendue des ulcères peuvent aider le médecin à évaluer l'activité de la maladie.

Mais un ulcère, ça ne suffit pas à poser un diagnostic.

C'est la structure qui compte.

Ton gastro-entérologue va examiner où se trouvent les ulcères, l'aspect de l'intestin autour, les résultats des biopsies, et s'il s'agit bien d'une maladie de Crohn.

Qu'est-ce que le « cobblestoning » dans la maladie de Crohn ?

Le terme « pavage » désigne un aspect particulier de la muqueuse intestinale qui peut apparaître dans le cadre de la maladie de Crohn.

Les ulcères profonds peuvent se mêler à des zones de tissu enflé ou relativement intact, créant ainsi une surface qui ressemble à des pavés.

C'est une description classique de la maladie de Crohn.

Voir ce mot dans un rapport peut paraître inquiétant, mais il ne faut pas l'interpréter isolément comme une prédiction de ce qui va se passer ensuite.

Ça décrit une apparence.

Ton équipe soignante doit encore évaluer quelle partie de l'intestin est touchée, quel est le degré d'activité global de la maladie, s'il y a des complications et ce que révèlent les autres examens.

C'est quoi, les « lésions manquées » lors d'une coloscopie ?

Les lésions en saut de lapin sont des zones d'inflammation intestinale séparées par des zones qui semblent relativement épargnées.

Ce motif irrégulier est caractéristique de la maladie de Crohn.

Par exemple, le médecin peut constater une inflammation au niveau de l'iléon terminal et d'une autre partie du côlon, alors que l'intestin entre ces deux zones semble relativement normal.

C'est différent du processus inflammatoire continu qu'on associe généralement à la colite ulcéreuse.

Mais dans la vraie vie, ça ne se passe pas toujours comme dans les manuels.

C'est une autre raison pour laquelle les médecins ont recours à la coloscopie, en plus des biopsies et d'autres données, plutôt que de se fier à un seul signe visuel pour distinguer les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. [1,2]

Qu'est-ce que ça veut dire, « sténose », sur ton compte-rendu de coloscopie ?

Une sténose, c'est une zone où l'intestin s'est rétréci.

La maladie de Crohn peut entraîner un rétrécissement dû à une inflammation active, à une cicatrisation à long terme ou à une combinaison des deux.

Pendant une coloscopie, le médecin peut remarquer un rétrécissement ou constater que l'endoscope ne peut pas passer en toute sécurité dans une partie de l'intestin.

Une sténose peut être grave, car un rétrécissement important peut compliquer le passage des aliments et du contenu intestinal.

Mais une coloscopie ne permet pas toujours aux médecins d'en savoir tout ce qu'ils doivent savoir sur une sténose.

Les examens d'imagerie, comme l'entérographie par résonance magnétique (MRE), l'échographie intestinale ou l'entérographie par tomodensitométrie, peuvent donner plus d'infos sur la paroi intestinale et les zones inaccessibles au coloscope. [2]

Si ton rapport mentionne une sténose, demande :

« À quel point ce rétrécissement est-il important, et est-ce que j'ai besoin d'un autre examen pour l'évaluer ? »

Si tu ressens de fortes douleurs abdominales, des vomissements persistants, un gonflement du ventre ou une incapacité à aller à la selle ou à évacuer des gaz, consulte d'urgence un médecin, car ces symptômes peuvent être le signe d'une occlusion intestinale.

Pourquoi fait-on des biopsies lors d'une coloscopie pour la maladie de Crohn ?

Les biopsies permettent à un pathologiste d'examiner de minuscules échantillons de tissu intestinal au microscope.

Ça peut permettre de repérer des changements qui ne sont pas forcément visibles juste avec la caméra de la coloscopie.

On peut faire des biopsies sur les zones enflammées et sur celles qui ont l'air normales.

Lorsqu'on cherche à diagnostiquer la maladie de Crohn, les résultats de l'examen pathologique peuvent aider les médecins à comprendre le type et le profil de l'inflammation et à distinguer les causes possibles.

Tu pourrais tomber sur des termes comme :

  • inflammation active
  • inflammation chronique
  • inflammation chronique active
  • modifications apportées à Crypt
  • granulomes
  • aucune anomalie notable

Ces mots, il faut les replacer dans leur contexte.

Par exemple, le terme « inflammation chronique » désigne généralement des modifications liées à une inflammation qui dure depuis un certain temps. Le terme « active » fait référence aux signes d'une activité inflammatoire actuelle.

Aucune de ces deux expressions, prise isolément, ne te dit tout sur la gravité ou l'évolution future de ta maladie de Crohn.

Qu'est-ce qu'un granulome sur une biopsie de la maladie de Crohn ?

Un granulome, c'est un amas particulier de cellules immunitaires qu'on peut parfois observer au microscope dans la maladie de Crohn.

Quand on observe un type de granulome caractéristique dans le bon contexte clinique, ça peut confirmer le diagnostic de la maladie de Crohn.

Mais il y a deux choses importantes à savoir.

D'abord, beaucoup de personnes atteintes de la maladie de Crohn ne présentent pas de granulomes sur leurs biopsies.

Le fait de ne pas en trouver n'exclut pas la maladie de Crohn.

D'autre part, les granulomes peuvent avoir d'autres causes ; c'est pourquoi le pathologiste et le gastro-entérologue continuent d'interpréter ce résultat en tenant compte de l'ensemble des examens effectués.

Ne t'inquiète pas si ton rapport de biopsie ne mentionne pas de granulomes.

C'est un indice possible, mais pas un critère obligatoire pour la maladie de Crohn.

Est-ce qu'une coloscopie permet de confirmer un diagnostic de maladie de Crohn ?

Une coloscopie avec prélèvements est un élément important du diagnostic de la maladie de Crohn, mais il n'existe pas d'examen unique permettant de confirmer tous les cas.

En général, les médecins posent le diagnostic de la maladie de Crohn en se basant sur plusieurs éléments.

Ça peut inclure :

  • tes symptômes et tes antécédents médicaux
  • examen physique
  • analyses de sang
  • analyses de selles
  • iléocoloscopie et biopsies
  • imagerie de l'intestin grêle

Les recommandations diagnostiques actuelles de l'ECCO préconisent l'iléocoloscopie avec biopsies, associée à une imagerie intestinale, comme examens de première intention chez les personnes chez qui on soupçonne une maladie inflammatoire de l'intestin. [2]

En effet, la maladie de Crohn peut toucher n'importe quelle partie du tube digestif et affecter l'intestin d'une manière que la coloscopie seule ne permet pas d'évaluer complètement.

Il peut donc arriver que tu aies fini ta coloscopie et qu'on te demande quand même de passer un autre examen.

Ça ne veut pas forcément dire que la coloscopie n'a pas été concluante ou qu'elle a échoué.

Ces tests permettent de répondre à différentes questions.

Peut-on avoir la maladie de Crohn si sa coloscopie est normale ?

Oui. Une coloscopie normale n'exclut pas toujours la maladie de Crohn.

Une coloscopie classique permet d'examiner le côlon et, en général, l'iléon terminal.

Mais la maladie de Crohn peut toucher d'autres parties de l'intestin grêle que l'endoscope ne peut pas atteindre.

Si tes symptômes, tes analyses de sang, tes analyses de selles ou d'autres éléments continuent de faire craindre une maladie de Crohn malgré une coloscopie normale, ton équipe soignante pourrait envisager des examens complémentaires.

Ça peut inclure une MRE, une échographie intestinale ou une endoscopie par capsule dans certains cas. [2]

L'endoscopie par capsule, ça consiste à avaler une petite caméra qui prend des images tout en parcourant le tube digestif.

Ça ne convient pas à tout le monde — par exemple, la présence d'un rétrécissement suspecté peut influencer la pertinence de l'endoscopie par capsule — donc le choix de l'examen dépend de chaque cas particulier.

Qu'est-ce que ça veut dire d'avoir une coloscopie normale quand on souffre déjà de la maladie de Crohn ?

Si tu souffres d'une maladie de Crohn confirmée et que ta coloscopie ne révèle que peu ou pas d'inflammation visible, ça peut être encourageant.

Ça peut indiquer une rémission endoscopique ou une guérison, selon les résultats et la terminologie utilisée.

C'est important, car le traitement moderne de la maladie de Crohn ne vise pas seulement à contrôler les symptômes.

Tu peux te sentir bien même si l'inflammation persiste. À l'inverse, tu peux présenter certains symptômes digestifs même lorsque l'inflammation liée à la maladie de Crohn s'est considérablement améliorée.

C'est pour ça que la coloscopie peut parfois servir à évaluer dans quelle mesure le traitement permet de contrôler la maladie. [2,3]

Une coloscopie qui ne révèle rien d'anormal ne veut pas dire que la maladie de Crohn est guérie.

La maladie de Crohn est une affection chronique, et un traitement d'entretien ainsi qu'un suivi peuvent encore s'avérer nécessaires.

N'arrête pas ton traitement juste parce que les résultats de ta coloscopie sont bons, sauf si ton équipe soignante t'a explicitement parlé de modifier ton traitement.

Qu'est-ce que ça veut dire « SES-CD » dans un compte-rendu de coloscopie pour la maladie de Crohn ?

SES-CD, c'est l'acronyme de « Simple Endoscopic Score for Crohn’s Disease » (score endoscopique simple pour la maladie de Crohn).

C'est un système qui sert à décrire le degré d'activité de la maladie de Crohn observé lors d'une iléocoloscopie.

Ce score prend en compte des critères comme :

  • la taille des ulcères
  • Quelle partie de la surface de l'intestin est ulcérée ?
  • Quelle partie de la surface intestinale est touchée ?
  • s'il y a un rétrécissement

Ces caractéristiques sont évaluées dans différentes parties de l'intestin.

Tu pourrais voir apparaître un numéro SES-CD dans ton rapport, notamment dans le cadre d'une prise en charge spécialisée des MICI ou lors d'une évaluation systématique de l'activité de la maladie.

Ce chiffre ne doit pas être considéré comme un verdict définitif sur la « gravité » de ta maladie de Crohn.

Ton équipe soignante en tient compte en même temps que tes symptômes, tes coloscopies précédentes, tes biomarqueurs, tes examens d'imagerie, ton traitement et ta situation clinique globale.

Si tu remarques un score que tu ne connais pas dans ton rapport, le sitemama health peut t'aider à comprendre ce que ces termes signifient, tandis que ton gastro-entérologue pourra t'expliquer ce que ce score signifie pour toi d'un point de vue médical.

Qu'est-ce que ça veut dire, une inflammation « légère », « modérée » ou « grave » ?

Ces mots décrivent le degré d'inflammation observé ou signalé, mais leur sens exact dépend du contexte dans lequel ils sont utilisés.

Un compte-rendu de coloscopie peut indiquer qu'une partie spécifique de l'intestin présente une inflammation légère, modérée ou sévère.

Ça ne revient pas forcément à dire que ta maladie de Crohn, dans son ensemble, est légère, modérée ou grave.

Ta situation globale peut dépendre de bien plus que de l'aspect d'une seule partie de ton corps.

Les médecins peuvent envisager :

  • quelle partie de l'intestin est touchée
  • la profondeur des ulcères
  • symptômes
  • marqueurs sanguins et fécaux
  • sténoses, fistules ou abcès
  • effets nutritionnels
  • évolution antérieure de la maladie
  • résultats d'imagerie

Donc, si ton rapport mentionne une « inflammation légère », ne pense pas que ça t'indique automatiquement le traitement dont tu as besoin.

Et si c'est écrit « grave », ne pense pas que ce mot prédit ton avenir à long terme.

Demande-toi comment cette découverte s'inscrit dans le contexte global.

Pourquoi les résultats de ta coloscopie et tes symptômes pourraient-ils ne pas correspondre ?

Parce que les symptômes et l'inflammation liée à la maladie de Crohn ne vont pas toujours de pair.

Tu peux présenter des symptômes importants sans qu'il y ait beaucoup d'inflammation visible.

Tu peux aussi te sentir relativement bien même si l'inflammation est toujours présente.

C'est pour ça que le suivi moderne de la maladie de Crohn ne se base pas uniquement sur ce que tu ressens. Les données objectives issues des biomarqueurs, de l'imagerie et de l'endoscopie peuvent aider les équipes soignantes à évaluer l'activité de la maladie et la réponse au traitement. [2,3]

Si ta coloscopie ne révèle rien d'anormal mais que tu continues à souffrir de diarrhée, de douleurs ou de ballonnements, ça ne veut pas dire que tes symptômes sont imaginaires.

Ton équipe soignante pourrait envisager d'autres explications et décider s'il faut faire d'autres examens.

De même, si tu te sens bien mais que ta coloscopie révèle toujours une inflammation, ton médecin voudra peut-être discuter avec toi pour voir si le traitement actuel atteint bien l'objectif visé.

Que se passe-t-il après une coloscopie qui laisse penser à une maladie de Crohn ?

La prochaine étape dépendra de l'exhaustivité du bilan diagnostique.

Si des biopsies ont été réalisées, tu devras peut-être attendre le rapport d'anatomopathologie.

Ton équipe soignante pourrait aussi te demander de passer des analyses de sang, des analyses de selles ou des examens d'imagerie supplémentaires.

Une fois les informations disponibles examinées, ton gastro-entérologue pourra te dire si les résultats corroborent le diagnostic de la maladie de Crohn et ce que ça signifie pour toi.

Si on te diagnostique la maladie de Crohn, les questions qui se posent généralement ensuite sont les suivantes :

Où se trouve la maladie ?

C'est très animé ?

Y a-t-il des complications ?

Quel traitement est le plus judicieux ?

Notre guide sur ce qui se passe après un nouveau diagnostic de la maladie de Crohn t'explique cette étape suivante plus en détail.

Que se passe-t-il après une coloscopie si tu souffres déjà de la maladie de Crohn ?

Si la coloscopie a été réalisée pour évaluer une maladie de Crohn déjà diagnostiquée, la suite dépendra de ses résultats.

Si l'inflammation s'est nettement améliorée, ton équipe soignante pourrait décider de poursuivre la stratégie d'entretien actuelle.

Si l'inflammation reste importante, ils peuvent se demander si le traitement actuel atteint son objectif.

Ça veut pas dire qu'un résultat anormal à la coloscopie mène automatiquement à un nouveau médicament.

Ton gastro-entérologue peut prendre en compte tes symptômes, tes biomarqueurs, tes examens d'imagerie, la durée de ton traitement, ta réponse antérieure et d'autres facteurs avant de décider de la marche à suivre.

Si on envisage de changer de traitement, consulte notre guide sur la maladie de Crohn options thérapeutiques explique les principales catégories de médicaments et les questions qu'il faut se poser.

Quelles questions devrais-tu poser à ton médecin à propos des résultats de ta coloscopie liée à la maladie de Crohn ?

Tu n'as pas besoin de comprendre chaque ligne du rapport.

Quelques questions peuvent permettre de mieux comprendre les résultats :

  • Quelles parties de mon intestin as-tu examinées ?
  • Où as-tu constaté une inflammation ?
  • Est-ce que mon iléon terminal était touché ?
  • Y avait-il des ulcères ?
  • T'as remarqué un rétrécissement ?
  • Tu as pu examiner tout le côlon et l'iléon terminal ?
  • Où les biopsies ont-elles été réalisées ?
  • Qu'est-ce que les biopsies ont révélé ?
  • Est-ce que ces résultats confirment le diagnostic de la maladie de Crohn ?
  • Est-ce que j'ai besoin d'un examen d'imagerie de l'intestin grêle ?
  • Si je souffre déjà de la maladie de Crohn, est-ce que l'inflammation s'est améliorée depuis mon dernier bilan ?
  • Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?
  • Est-ce que ces résultats vont changer mon traitement ?

Si ton médecin utilise un terme que tu ne comprends pas, demande-lui de te l'expliquer.

Les rapports médicaux sont avant tout rédigés pour faciliter la communication entre professionnels de santé. Ce n'est pas parce que tu les trouves difficiles à lire que tu échoues à un examen.

Comment mama health peut-il t'aider à comprendre un compte-rendu de coloscopie ?

Le compte-rendu d'une coloscopie peut t'arriver bien avant que tu aies eu l'occasion d'en discuter en détail avec ton gastro-entérologue.

Ce décalage peut être gênant.

Tu pourrais tomber sur un cas d'iléite terminale et te demander si ça confirme la maladie de Crohn. Tu pourrais voir des ulcérations et t'inquiéter de ce que ça veut dire. Ou alors, ton rapport pourrait mentionner un score SES-CD sans expliquer ce que ces lettres signifient.

Avec mama healthtu peux :

  • Comprends tes rapports médicaux. Découvre la signification de termes peu familiers tels que « iléite », « ulcération », « biopsies », « sténoses » et « SES-CD ».
  • Pose des questions sur la maladie de Crohn. Obtiens des infos claires sur la terminologie et les examens couramment utilisés pour diagnostiquer ou suivre la maladie de Crohn.
  • Inspire-toi de l'expérience des personnes atteintes de la maladie de Crohn. Découvre ce que d'autres ont vécu concernant la préparation à la coloscopie, l'attente des résultats, les rendez-vous de suivi et la prise en charge à long terme.
  • Trouve des spécialistes et des soins près de chez toi. Découvre les soins adaptés en gastro-entérologie et dans le domaine des MICI si tu veux savoir quels types de prise en charge spécialisée sont disponibles.

mama health Ça ne permet pas de déterminer si une coloscopie confirme la maladie de Crohn, d'évaluer la gravité de ta maladie, ni de décider s'il faut changer de traitement.

Ces conclusions, c'est à ton équipe soignante de les examiner.

Mais comprendre ce qui est écrit peut vraiment faciliter la conversation avec eux.

Qu'est-ce qu'il faut garder à l'esprit quand tu lis les résultats de ta coloscopie pour la maladie de Crohn ?

Un compte-rendu de coloscopie, c'est juste une partie de l'histoire.

Des mots comme « ulcère », « iléite », « sténose » ou « aspect pavé » peuvent faire peur quand tu les vois hors contexte.

Essaie de ne pas tirer de conclusion à partir d'un seul mot.

Un résultat anormal ne te dit pas tout sur la façon dont ta maladie de Crohn va évoluer.

Une coloscopie qui ne révèle rien d'anormal n'exclut pas toujours la présence d'une maladie ailleurs dans le tube digestif.

Et si tu souffres déjà de la maladie de Crohn, un résultat de coloscopie satisfaisant ne signifie pas forcément que le traitement et le suivi sont terminés.

Au lieu de ça, ramène le rapport à ces trois questions :

Qu'est-ce que t'as trouvé ?

Comment ça s'accorde avec mes autres résultats ?

Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?

Ces réponses sont bien plus utiles que d'essayer d'interpréter le rapport en décortiquant un mot inconnu à la fois.

Quelle est la principale différence entre la maladie de Crohn et le syndrome du côlon irritable ?

La principale différence, c'est que la maladie de Crohn provoque une inflammation du tube digestif, alors que le syndrome du côlon irritable ne provoque pas l'inflammation caractéristique qu'on observe dans la maladie de Crohn.

La maladie de Crohn est l'une des principales formes de maladie inflammatoire de l'intestin.

Ça peut toucher n'importe quelle partie du tube digestif, même si l'extrémité de l'intestin grêle et le côlon sont les endroits les plus fréquemment touchés. L'inflammation peut s'étendre aux couches plus profondes de la paroi intestinale et, chez certaines personnes, entraîner des complications comme des sténoses, des fistules ou des abcès.

Le syndrome du côlon irritable, c'est différent.

C'est un trouble lié à l'interaction entre l'intestin et le cerveau. Ça affecte le fonctionnement du système digestif et peut modifier le transit intestinal, la sensibilité et la façon dont l'intestin réagit à des facteurs comme l'alimentation ou le stress.

Le syndrome du côlon irritable peut être super pénible.

Mais ça ne provoque pas les mêmes lésions inflammatoires au niveau de l'intestin que celles qu'on observe dans la maladie de Crohn.

C'est justement cette différence qui explique pourquoi les tests de dépistage de l'inflammation peuvent être si utiles quand les symptômes pourraient correspondre à l'une ou l'autre de ces affections.

En quoi les symptômes de la maladie de Crohn et du syndrome du côlon irritable se ressemblent-ils ?

Ces deux affections peuvent entraîner des symptômes tels que :

  • douleur abdominale
  • crampes abdominales
  • diarrhée
  • urgence
  • ballonnements
  • changements dans les habitudes intestinales
  • fatigue
  • des symptômes qui apparaissent et disparaissent

Ça fait quand même pas mal de recoupements.

Ce n'est pas parce qu'on a de la diarrhée et des douleurs abdominales qu'on a forcément la maladie de Crohn.

Mais il ne faut pas non plus en conclure automatiquement que ces symptômes sont ceux du syndrome du côlon irritable.

Les médecins examinent l'ensemble des symptômes, y compris ceux qui sont moins caractéristiques du syndrome du côlon irritable, ainsi que les signes qui laissent penser qu'il faudrait rechercher une inflammation ou une autre pathologie.

Quels sont les symptômes qui laissent le plus penser à la maladie de Crohn ?

Aucun symptôme ne permet à lui seul de confirmer la maladie de Crohn.

Par contre, certains symptômes peuvent amener les médecins à envisager une maladie inflammatoire de l'intestin ou une autre affection qui nécessite des examens complémentaires.

Ça peut être, par exemple :

  • du sang dans les selles
  • perte de poids inexpliquée
  • anémie
  • signes d'inflammation détectés lors d'analyses de sang ou de selles
  • diarrhée persistante
  • fièvre
  • symptômes qui affectent la croissance chez les enfants ou les ados
  • les symptômes ou signes observés en dehors de l'intestin qui peuvent survenir en cas de MICI

La maladie de Crohn peut aussi entraîner des complications comme des fistules, des abcès et un rétrécissement de l'intestin.

L'important, c'est de ne pas s'en servir comme d'une liste de contrôle pour s'autodiagnostiquer.

Le fait d'en avoir un ne veut pas dire que tu as la maladie de Crohn.

Le fait de ne pas en avoir ne prouve pas que tu souffres du syndrome du côlon irritable.

Ce sont des indices que ton équipe soignante prend en compte pour décider s'il faut faire d'autres examens.

Quels sont les symptômes les plus courants du syndrome du côlon irritable ?

Le syndrome du côlon irritable se caractérise souvent par des douleurs abdominales récurrentes associées à des modifications du transit intestinal.

Selon le type de syndrome du côlon irritable, ça peut vouloir dire :

  • diarrhée
  • constipation
  • alternance de diarrhée et de constipation
  • changements dans la consistance des selles
  • urgence
  • ballonnements
  • la sensation de ne pas avoir complètement vidé tes intestins

Les symptômes peuvent aussi changer après avoir mangé.

Contrairement à la maladie de Crohn, le syndrome du côlon irritable ne provoque pas l'inflammation intestinale caractéristique associée aux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin.

Ça ne veut pas dire que les symptômes du syndrome du côlon irritable sont imaginaires.

La douleur, l'urgence, la diarrhée, la constipation et les perturbations dans la vie quotidienne peuvent être bien réelles, même en l'absence de lésions inflammatoires visibles au niveau de l'intestin.

Le syndrome du côlon irritable peut-il provoquer une inflammation ?

Le syndrome du côlon irritable n'est pas une maladie inflammatoire de l'intestin.

On peut facilement passer à côté de cette distinction, car les abréviations « IBS » et « IBD » se ressemblent beaucoup.

SII = syndrome du côlon irritable.

MICI = maladie inflammatoire chronique de l'intestin.

La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse sont des formes de MICI.

Le syndrome du côlon irritable, ça non.

C'est pour ça que les marqueurs inflammatoires peuvent être utiles quand quelqu'un présente des symptômes qui pourraient correspondre soit à la maladie de Crohn, soit au syndrome du côlon irritable.

Si les examens laissent penser qu'il y a une inflammation intestinale importante, les médecins peuvent envisager un diagnostic de MICI ou d'une autre cause inflammatoire, plutôt que de se contenter de supposer que les symptômes sont dus au syndrome du côlon irritable. [1,2]

Le syndrome du côlon irritable peut-il évoluer en maladie de Crohn ?

Le syndrome du côlon irritable ne se transforme pas en maladie de Crohn.

Ce sont des situations différentes.

Par contre, une personne chez qui on a déjà diagnostiqué un syndrome du côlon irritable peut se voir diagnostiquer plus tard la maladie de Crohn.

Ça ne veut pas forcément dire qu'une maladie s'est transformée en une autre.

Parfois, les symptômes évoluent. Parfois, de nouveaux éléments apparaissent. Et parfois, une affection qui était difficile à identifier au départ devient plus claire après des examens complémentaires.

Il arrive aussi qu'une personne atteinte d'une maladie de Crohn confirmée présente des symptômes semblables à ceux du syndrome du côlon irritable, même si l'inflammation liée à la maladie de Crohn est bien maîtrisée.

Du coup, c'est pas toujours aussi simple que ça : on n'est pas forcément condamné à avoir l'une ou l'autre de ces maladies pour toujours.

Si tes symptômes ont beaucoup changé, parles-en à ton équipe soignante plutôt que de partir du principe que tout s'explique toujours par un ancien diagnostic de syndrome du côlon irritable.

Comment les médecins font-ils la différence entre le syndrome du côlon irritable et la maladie de Crohn ?

En général, les médecins commencent par examiner l'évolution de tes symptômes et tes antécédents médicaux.

Ils pourraient se demander :

  • depuis combien de temps les symptômes sont apparus
  • que tu aies de la diarrhée, de la constipation ou les deux
  • que tu aies vu du sang ou pas
  • que tu aies perdu du poids sans le vouloir ou pas
  • si les symptômes te réveillent la nuit
  • si tu as de la fièvre
  • que tu aies ou non des antécédents familiaux de MICI
  • si tu as d'autres symptômes au niveau des articulations, de la peau, des yeux ou autour de l'anus

Ils peuvent ensuite recourir à des analyses de sang et de selles pour voir s'il y a des indices qui justifient de chercher à en savoir plus sur une autre affection.

En fonction des résultats, d'autres examens peuvent être réalisés, comme une coloscopie avec biopsies et une imagerie de l'intestin.

Les recommandations actuelles de l'ECCO préconisent d'associer une iléocoloscopie avec des biopsies et une imagerie intestinale comme examens de première intention en cas de suspicion de MICI. [1]

Le but, c'est pas juste de prendre une décision :

« La maladie de Crohn ou le syndrome du côlon irritable ? »

C'est pour comprendre ce qui provoque tes symptômes.

Quels examens sanguins permettent de distinguer la maladie de Crohn du syndrome du côlon irritable ?

Les analyses de sang permettent de détecter des signes comme une inflammation ou une anémie.

Les examens peuvent inclure :

  • une numération globulaire complète
  • Protéine C-réactive (CRP)
  • d'autres marqueurs inflammatoires
  • études sur le fer
  • d'autres examens en fonction de tes symptômes

Le taux de CRP peut augmenter en cas d'inflammation.

Mais la PCR n'est pas spécifique à la maladie de Crohn. Une infection ou une autre affection inflammatoire peut aussi faire grimper son taux.

Et certaines personnes atteintes de la maladie de Crohn peuvent présenter des marqueurs inflammatoires sanguins normaux. [1]

Une numération globulaire complète peut révéler une anémie ou d'autres anomalies qui nécessitent des examens complémentaires.

Encore une fois, aucun de ces résultats ne dit :

« Cette personne a sans aucun doute la maladie de Crohn. »

Ils aident les médecins à décider de la marche à suivre.

C'est quoi, la calprotectine fécale, et en quoi est-elle utile pour distinguer la maladie de Crohn du syndrome du côlon irritable ?

La calprotectine fécale est une protéine qu'on mesure dans un échantillon de selles et qui donne des infos sur l'inflammation dans l'intestin.

C'est l'un des examens les plus utiles quand les médecins essaient de distinguer une maladie inflammatoire de l'intestin d'une affection non inflammatoire comme le syndrome du côlon irritable.

Les recommandations actuelles de l'ECCO désignent la calprotectine fécale comme le biomarqueur présentant la plus grande sensibilité pour distinguer les MICI du syndrome du côlon irritable. Le NICE recommande également la calprotectine fécale comme option permettant d'étayer cette distinction chez les patients concernés. [1,2]

L'idée de base, c'est :

La maladie de Crohn peut provoquer une inflammation intestinale → le taux de calprotectine peut augmenter.

Le syndrome du côlon irritable (SCI) ne provoque pas l'inflammation intestinale caractéristique des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) → le taux de calprotectine n'est généralement pas élevé à cause du SCI lui-même.

Mais ce n'est pas un test parfait où on répond par oui ou par non.

Un taux élevé de calprotectine fécale, ça veut dire que tu as la maladie de Crohn ?

Non.

Un taux élevé de calprotectine fécale peut indiquer une inflammation intestinale.

Ça ne permet pas d'en déterminer la cause.

Une maladie inflammatoire de l'intestin est une possibilité, mais des infections et d'autres troubles gastro-intestinaux peuvent aussi faire augmenter le taux de calprotectine. [1]

Bon, alors :

Un taux élevé de calprotectine ≠ diagnostic de la maladie de Crohn.

Un résultat élevé peut amener ton équipe soignante à approfondir les examens, en fonction de tes symptômes et de ta situation.

Ça peut inclure une coloscopie, des examens d'imagerie ou d'autres examens.

Si ton résultat est apparu sur le portail patient et que tu ne sais pas trop ce que ça veut dire, le sitemama health peut t'aider à comprendre la terminologie liée à la calprotectine fécale et à ton rapport d'analyse. Ton équipe soignante pourra t'expliquer ce que ton résultat spécifique signifie d'un point de vue médical.

Est-ce qu'un taux normal de calprotectine fécale permet d'exclure la maladie de Crohn ?

Un faible taux de calprotectine fécale peut réduire la probabilité d'une maladie inflammatoire de l'intestin dans un contexte clinique approprié, mais aucun test ne doit être interprété hors de son contexte.

La calprotectine fécale est particulièrement utile en raison de sa sensibilité à l'inflammation intestinale. [1,2]

Mais il y a des limites.

Par exemple, le lien entre la calprotectine et l'inflammation peut être moins évident lorsque la maladie de Crohn se limite à certaines parties de l'intestin grêle.

Tes symptômes, tes antécédents médicaux, tes autres résultats d'analyses et le degré de gravité clinique restent importants.

Un résultat de analyse de selles rassurant peut donc être utile.

Ça ne devrait pas devenir :

« Mon taux de calprotectine était normal, donc il ne pouvait y avoir aucun autre problème. »

Si les symptômes restent préoccupants, ton équipe soignante pourra déterminer s'il faut envisager une autre explication ou des examens complémentaires.

Faut-il passer une coloscopie pour diagnostiquer le syndrome du côlon irritable ?

En général, non.

Le syndrome du côlon irritable (SCI) peut souvent être diagnostiqué sur la base d'un ensemble de symptômes caractéristiques, après une évaluation appropriée et sans avoir recours à une coloscopie.

Les recommandations du NICE ne préconisent pas de faire une coloscopie juste pour confirmer un syndrome du côlon irritable chez une personne qui répond aux critères appropriés et qui ne présente aucun signe nécessitant des examens complémentaires. [3]

C'est utile, car ça veut dire que toutes les personnes qui souffrent de ballonnements, de diarrhée ou de douleurs abdominales n'ont pas forcément besoin de passer un examen invasif.

Mais la situation change quand le tableau clinique laisse craindre une MICI ou une autre pathologie.

Dans ce cas, une coloscopie pourrait faire partie des examens prévus.

Dans quels cas on fait une coloscopie pour dépister la maladie de Crohn ?

Si ton équipe soignante soupçonne une maladie inflammatoire de l'intestin, une iléocoloscopie avec prélèvements peut permettre de vérifier s'il y a une inflammation au niveau de l'intestin.

Pendant l'intervention, un médecin examine l'intérieur du côlon et, en général, l'iléon terminal, c'est-à-dire la partie finale de l'intestin grêle.

Ils peuvent rechercher des éléments comme :

  • inflammation
  • ulcères
  • zones de maladie éparses
  • modifications de la muqueuse intestinale
  • rétrécissement

Les biopsies peuvent ensuite être examinées au microscope.

La coloscopie est un examen important dans le cadre du diagnostic de la maladie de Crohn, mais elle ne permet pas d'examiner l'intégralité de l'intestin grêle.

C'est l'une des raisons pour lesquelles on peut aussi avoir besoin d'un examen d'imagerie.

Notre guide sur la maladie de Crohn Résultats de la coloscopie t'explique ce que signifient les résultats courants et les termes utilisés pour les biopsies.

Pourquoi aurais-tu besoin d'une IRM ou d'une échographie intestinale ?

La maladie de Crohn peut toucher des zones inaccessibles lors d'une coloscopie classique.

Ça peut aussi toucher les couches plus profondes de la paroi intestinale.

En fonction de tes symptômes et des résultats de tes examens, ton équipe soignante pourra donc recourir à l'entérographie par résonance magnétique (MRE) ou à une échographie intestinale.

Ces examens permettent d'obtenir des informations sur l'intestin grêle et peuvent aussi aider à détecter certaines complications liées à la maladie de Crohn. [1]

Les recommandations actuelles de l'ECCO préconisent de réaliser une imagerie intestinale en complément d'une iléocoloscopie dès les premiers soupçons de MICI. [1]

C'est là une autre différence importante entre l'examen de la maladie de Crohn et le diagnostic d'un syndrome du côlon irritable simple.

Dans le cas de la maladie de Crohn, les médecins doivent parfois déterminer non seulement s'il y a une inflammation, mais aussi où elle se situe et comment elle affecte l'intestin.

Est-ce qu'une coloscopie peut être normale quand on a la maladie de Crohn ?

Oui, dans certaines circonstances.

Une coloscopie classique permet d'examiner le côlon et, en général, l'extrémité de l'intestin grêle.

La maladie de Crohn peut toucher des parties plus éloignées de l'intestin grêle, hors de portée de l'endoscope.

Ça veut dire qu'une coloscopie normale n'exclut pas automatiquement toute possibilité de maladie de Crohn si le tableau clinique reste inquiétant.

Les recommandations actuelles de l'ECCO préconisent une endoscopie par capsule de l'intestin grêle chez certains patients présentant des signes cliniques évocateurs de la maladie de Crohn et dont la coloscopie et les examens d'imagerie sont négatifs. [1]

Ça ne veut pas dire que toutes les personnes qui ont des symptômes digestifs persistants doivent passer une endoscopie par capsule.

Ça veut dire que ton équipe soignante a d'autres options quand il y a une raison précise de poursuivre les examens.

Faut-il demander à passer des examens pour la maladie de Crohn si on t'a dit que tu souffrais du syndrome du côlon irritable ?

Toutes les personnes qui présentent des symptômes du syndrome du côlon irritable n'ont pas besoin de subir des examens approfondis pour la maladie de Crohn.

Si tes symptômes correspondent au syndrome du côlon irritable, qu'un premier bilan approprié s'avère rassurant et qu'il n'y a pas d'éléments inquiétants, il n'est peut-être pas nécessaire de faire d'autres examens invasifs.

Mais il est préférable de retourner voir ton médecin dans les cas suivants :

  • tes symptômes ont beaucoup changé
  • les symptômes s'aggravent ou persistent
  • tu as des saignements rectaux
  • tu perds du poids sans même t'en rendre compte
  • les analyses de sang révèlent une anémie
  • les marqueurs inflammatoires sont anormaux
  • il y a d'autres résultats qui ne correspondent pas au schéma attendu du syndrome du côlon irritable
  • tu continues à t'inquiéter parce que tes symptômes n'ont pas été expliqués comme il faut

T'as pas besoin d'arriver au rendez-vous en exigeant qu'on te fasse une coloscopie.

Une question plus pertinente pourrait être :

« Est-ce que mes symptômes laissent penser qu’on devrait vérifier s’il y a une inflammation ou une autre cause ? »

Ça permet d'entamer la conversation sans présumer de la réponse.

Et si on t'avait diagnostiqué un syndrome du côlon irritable, mais que tes symptômes ne cessaient de s'aggraver ?

Retourne voir ton médecin.

Le fait d'avoir déjà reçu un diagnostic de syndrome du côlon irritable ne devrait pas vouloir dire que tous les symptômes digestifs que tu ressens seront automatiquement attribués à ce syndrome pour toujours.

Explique ce qui a changé.

Sois précis.

Au lieu de dire simplement :

« J'ai encore plus mal au ventre. »

Tu pourrais expliquer :

« J'ai maintenant de la diarrhée six fois par jour, alors qu'avant, j'en avais une ou deux fois. »

ou :

« J'ai commencé à voir du sang dans mes selles. »

ou :

« J'ai perdu du poids sans même m'en rendre compte. »

Des changements comme ceux-là fournissent à ton professionnel de santé des informations bien plus utiles.

Ils peuvent ensuite décider s'il est nécessaire de refaire des analyses de sang, des analyses de selles, de consulter un spécialiste ou de faire un autre examen.

Est-ce qu'on peut avoir à la fois la maladie de Crohn et le syndrome du côlon irritable ?

Les personnes atteintes de la maladie de Crohn peuvent présenter des symptômes semblables à ceux du syndrome du côlon irritable, même lorsque l'activité inflammatoire semble maîtrisée.

C'est une distinction importante.

Imagine qu'une personne atteinte de la maladie de Crohn ait des douleurs abdominales, des ballonnements et des changements dans ses habitudes intestinales.

On pourrait être tenté de penser que :

Symptômes = inflammation liée à la maladie de Crohn.

Mais les symptômes et l'inflammation ne vont pas toujours de pair.

Si les examens objectifs indiquent que la maladie de Crohn est en rémission, l'équipe soignante peut envisager d'autres explications aux symptômes digestifs persistants.

Ça peut inclure des troubles liés à l'interaction entre l'intestin et le cerveau, comme le syndrome du côlon irritable.

L'inverse, ça compte aussi.

Si une personne atteinte de la maladie de Crohn présente de nouveaux symptômes, elle ne doit pas automatiquement penser qu’il s’agit « juste d’un syndrome du côlon irritable ».

L'équipe soignante devra peut-être d'abord déterminer si l'inflammation est réapparue.

Le syndrome du côlon irritable est-il moins grave que la maladie de Crohn ?

Ce sont des pathologies différentes qui présentent des risques médicaux différents.

La maladie de Crohn peut entraîner des lésions inflammatoires et des complications telles que des sténoses, des fistules, des abcès, des problèmes nutritionnels et une occlusion intestinale.

C'est pour ça qu'il est important de diagnostiquer la maladie de Crohn et de prendre en charge l'inflammation.

Le syndrome du côlon irritable ne provoque pas ces complications inflammatoires liées à la maladie de Crohn.

Mais dire que le syndrome du côlon irritable n'est « rien de grave », ça peut être trompeur pour le patient.

Le syndrome du côlon irritable (SCI) peut provoquer des douleurs importantes, une sensation d'urgence, des troubles intestinaux, de l'anxiété liée à l'alimentation, des absences au travail, des difficultés à voyager et avoir des répercussions majeures sur la qualité de vie.

Une maladie n'a pas besoin d'endommager l'intestin pour avoir un impact sur la vie d'une personne.

Ce qui compte, c'est de savoir ce qui provoque ces symptômes, car c'est ça qui détermine quel type de soins pourrait t'aider.

Est-ce que le stress veut dire que tes symptômes sont probablement ceux du syndrome du côlon irritable ?

Non.

Le stress peut avoir un impact sur les symptômes digestifs chez de nombreuses personnes, notamment celles qui souffrent du syndrome du côlon irritable et celles atteintes de la maladie de Crohn.

Le fait d'avoir des symptômes pendant une période de stress ne prouve pas que tu souffres du syndrome du côlon irritable.

Et ça ne veut surtout pas dire que ces symptômes sont « juste dans ta tête ».

Le système digestif et le système nerveux sont étroitement liés.

Le stress peut avoir une influence sur les habitudes intestinales, la sensibilité, la douleur, l'appétit et la façon dont on ressent les symptômes.

Mais la question de savoir s'il y a une inflammation intestinale, c'est un autre problème médical.

S'il y a des raisons d'envisager une maladie de Crohn ou une autre pathologie, le stress ne doit pas se substituer à un bilan médical adapté.

Que devrais-tu demander à ton médecin si tu crains d'avoir la maladie de Crohn plutôt que le syndrome du côlon irritable ?

Tu n'as pas besoin de savoir à l'avance quels examens tu dois passer.

Commence par raconter ce qui s'est passé.

Voici quelques questions utiles :

  • Est-ce que mes symptômes correspondent à ceux du syndrome du côlon irritable ?
  • Y a-t-il quelque chose dans mes symptômes qui te fait penser à une MICI ?
  • Est-ce que je devrais faire des analyses de sang ?
  • Est-ce que un dosage de la calprotectine fécale serait indiqué ?
  • On a vérifié s'il y avait de l'anémie ?
  • Est-ce qu'une infection ou une autre maladie pourrait expliquer mes symptômes ?
  • Si mes examens révèlent une inflammation, quelle est la suite ?
  • Dans quels cas est-il judicieux de consulter un gastro-entérologue ?
  • Est-ce que je devrais passer une coloscopie ou un examen d'imagerie ?
  • Quels symptômes devraient m'inciter à revenir plus tôt ?

Si tu as déjà fait des analyses de sang ou de selles, demande :

« Ces résultats montrent-ils des signes d'inflammation, et faut-il approfondir l'examen ? »

C'est souvent plus utile que d'essayer de te diagnostiquer toi-même à partir d'un seul chiffre.

Comment mama health peut-il t'aider quand tu essaies de comprendre tes symptômes et tes résultats d'examens ?

Attendre des réponses, c'est parfois l'une des choses les plus difficiles.

On t'a peut-être dit que tu souffrais probablement du syndrome du côlon irritable, mais tu as maintenant un test de calprotectine prévu.

Ou alors, tes résultats d'analyses sanguines peuvent mentionner des termes comme « CRP », « anémie » ou « ferritine », et tu ne sais pas du tout pourquoi c'est important.

Avec mama healthtu peux :

  • Pose des questions sur la maladie de Crohn. Familiarise-toi avec le vocabulaire courant et les examens qui peuvent être prescrits lors du diagnostic de la maladie de Crohn.
  • Comprends mieux tes analyses et tes bilans médicaux. Découvre des termes comme « calprotectine fécale », « CRP », « hémoglobine », « ferritine », « inflammation », « coloscopie » et « biopsie » de manière plus simple.
  • Inspire-toi de l'expérience des personnes atteintes de la maladie de Crohn. Découvre comment d'autres vivent leurs symptômes, les examens médicaux, le diagnostic et l'incertitude qui peut régner avant d'obtenir des réponses plus précises.
  • Trouve des spécialistes et des soins près de chez toi. Découvre les soins en gastro-entérologie et dans le domaine des MICI si tu veux savoir quels types de prise en charge spécialisée sont disponibles.

mama health Ça ne permet pas de déterminer si tes symptômes sont dus au syndrome du côlon irritable ou à la maladie de Crohn, et ça ne permet pas non plus de diagnostiquer l'une ou l'autre de ces maladies.

C'est à ton équipe soignante de se prononcer là-dessus.

Mais quand on comprend ce que les médecins cherchent — et pourquoi un examen précis a été prescrit —, tout ça semble beaucoup moins compliqué.

Qu’est-ce qu’il faut retenir sur la maladie de Crohn par rapport au syndrome du côlon irritable ?

La maladie de Crohn et le syndrome du côlon irritable peuvent, à première vue, se ressembler étonnamment.

Ces deux choses peuvent provoquer des douleurs abdominales.

Ces deux termes peuvent désigner la diarrhée.

Ces deux situations peuvent être synonymes d’urgence, de ballonnements et de ces jours où sortir de chez toi te semble plus compliqué que ça ne devrait l’être.

La question n'est pas de savoir si les symptômes sont « réels ».

Elles sont vraies dans les deux cas.

La différence, c'est ce qui se passe à l'intérieur du système digestif.

La maladie de Crohn se caractérise par une inflammation intestinale qui peut être diagnostiquée grâce à des examens adaptés.

Le syndrome du côlon irritable (SCI) ne provoque pas les lésions inflammatoires caractéristiques qu'on observe dans la maladie de Crohn.

C'est pour ça que les médecins ont parfois recours à la calprotectine fécale, aux analyses de sang, à la coloscopie, aux biopsies et à l'imagerie médicale quand c'est difficile de faire la différence.

Donc, si tes symptômes persistent, évoluent ou s'accompagnent de signes qui t'inquiètent, tu n'as pas besoin de te diagnostiquer toi-même.

Commence par une question plus simple :

« Est-ce que mes symptômes justifient de faire des examens pour vérifier s'il y a une inflammation ou une autre cause ? »

Ça peut t'aider, toi et ton équipe soignante, à déterminer la marche à suivre.

Avertissement : ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un dispositif médical. mama health propose des informations et un accompagnement, mais ne remplace pas un médecin.

Ce contenu est purement informatif et ne constitue en aucun cas un avis médical.

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