La myasthénie grave est-elle liée à la sclérose en plaques, à la SLA ou à la maladie de Parkinson ?

par le Dr Jonas Witt
Docteur en médecine
10 août 2026
-
8 minutes
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TL;DR

  • La myasthénie grave (MG) est une maladie neurologique distincte de la sclérose en plaques (SEP), de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et de la maladie de Parkinson.
  • La myasthénie grave affecte la communication entre les nerfs et les muscles. La sclérose en plaques touche le cerveau et la moelle épinière, la SLA endommage les motoneurones, et la maladie de Parkinson affecte surtout les circuits cérébraux impliqués dans le mouvement.
  • La faiblesse musculaire est souvent variable, elle s'accentue quand on utilise les muscles à plusieurs reprises et peut s'améliorer après un peu de repos.
  • La sclérose en plaques (SEP) ne se transforme pas en sclérose multiple (SM), en sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou en maladie de Parkinson.
  • Les témoignages partagés via l'appli « mama health » montrent pourquoi ces pathologies peuvent parfois sembler difficiles à distinguer au premier abord, surtout quand les symptômes incluent une faiblesse, des troubles de l'élocution, des difficultés à avaler, de la fatigue ou des problèmes oculaires.

La myasthénie grave a-t-elle un lien avec la sclérose en plaques, la SLA ou la maladie de Parkinson ?

La myasthénie grave n'est pas une forme de sclérose en plaques, de SLA ou de maladie de Parkinson. Ces maladies peuvent présenter certains symptômes communs, mais elles touchent des parties différentes du système nerveux et se développent selon des mécanismes biologiques différents.

La MG est une maladie auto-immune qui touche la jonction neuromusculaire, c'est-à-dire le point où les nerfs communiquent avec les muscles. Dans de nombreuses formes de MG, des anticorps interfèrent avec les protéines impliquées dans la transmission du signal entre les nerfs et les muscles, notamment le récepteur de l'acétylcholine (AChR) ou la kinase spécifique des muscles (MuSK).

Cette diminution de la transmission des signaux peut entraîner une faiblesse musculaire qui varie au cours de la journée ou qui devient plus perceptible après des efforts répétés.

La sclérose en plaques, la SLA et la maladie de Parkinson se manifestent différemment.

La sclérose en plaques touche le cerveau et la moelle épinière. L'activité immunitaire endommage la myéline, la gaine protectrice qui entoure les fibres nerveuses.

La SLA, qu'on appelle aussi la forme la plus courante de maladie des motoneurones, endommage les motoneurones qui contrôlent les mouvements volontaires.

La maladie de Parkinson touche surtout les circuits cérébraux qui contrôlent les mouvements, notamment ceux qui utilisent la dopamine.

Pour en savoir plus sur les zones où la MG est présente, consulte le guide de l'mama healthsur les troubles de la jonction neuromusculaire.

En quoi la myasthénie grave est-elle différente de la sclérose en plaques ?

La MG touche surtout la communication entre les nerfs et les muscles, tandis que la SEP touche le cerveau et la moelle épinière.

Ces deux maladies impliquent une activité immunitaire anormale, ce qui peut donner l'impression qu'elles sont liées. Mais le système immunitaire s'attaque à des structures différentes.

La MG provoque souvent une faiblesse musculaire de fatigue. Ça veut dire qu'un muscle peut s'affaiblir quand tu l'utilises plusieurs fois d'affilée, puis récupérer en partie après un peu de repos.

Les symptômes courants de la MG peuvent inclure :

  • Paupières tombantes
  • Double vision
  • Difficultés à mâcher
  • Changements dans la parole
  • Difficultés à avaler
  • Faiblesse au niveau du cou
  • Faiblesse dans les bras ou les jambes
  • Faiblesse des muscles respiratoires dans les cas graves

La SEP peut aussi entraîner une faiblesse et des troubles visuels, mais elle se manifeste le plus souvent par des symptômes liés au système nerveux central, comme :

  • Engourdissement
  • Fourmillements
  • Névrite optique
  • Problèmes d'équilibre
  • Raideurs musculaires
  • Problèmes de coordination
  • Problèmes de vessie

L'IRM peut jouer un rôle important dans le diagnostic de la SEP, car elle permet de repérer des modifications caractéristiques au niveau du cerveau ou de la moelle épinière. Par contre, un seul examen ne suffit pas pour confirmer ou infirmer le diagnostic de la SEP.

Si ce sont les symptômes oculaires qui t'inquiètent le plus, découvre-en plus sur la myasthénie grave oculaire.

Est-ce que la myasthénie grave et la sclérose en plaques peuvent se manifester en même temps ?

La MG et la SEP peuvent toucher la même personne, mais ça reste deux maladies distinctes.

La MG est associée à une incidence accrue de certaines autres maladies auto-immunes. Parmi celles-ci, on trouve les maladies thyroïdiennes auto-immunes, la polyarthrite rhumatoïde et le lupus érythémateux disséminé.

La littérature médicale fait également état de cas où la MG et la SEP se manifestent en même temps.

Ça veut pas dire que la sclérose en plaques multiple (MG) s'est transformée en sclérose en plaques (MS). Ça veut dire qu'il y a deux maladies auto-immunes distinctes.

En quoi la myasthénie grave diffère-t-elle de la SLA ?

La MG provoque généralement une faiblesse musculaire fluctuante, tandis que la SLA entraîne une détérioration progressive des motoneurones.

Certains symptômes peuvent se ressembler. Ces deux pathologies peuvent avoir des répercussions sur la parole, la déglutition, la force du cou ou celle des membres.

Les mécanismes sous-jacents sont très différents.

Dans la MG, le problème principal se situe au niveau de la jonction entre le nerf et le muscle. La faiblesse peut varier considérablement en fonction de l'activité, du repos, du moment de la journée, d'une maladie ou d'autres facteurs.

Dans la SLA, les motoneurones se détériorent progressivement. Ça entraîne une faiblesse musculaire qui s'aggrave avec le temps et ça peut aussi provoquer une atrophie musculaire, des crampes ou des spasmes.

Des examens comme l'électromyographie peuvent aider les médecins à repérer des signes distinctifs permettant de différencier une maladie des motoneurones des troubles de la transmission neuromusculaire.

La MG ne se transforme pas en SLA.

En quoi la myasthénie grave diffère-t-elle de la maladie de Parkinson ?

La myasthénie grave entraîne des problèmes d'activation musculaire, tandis que la maladie de Parkinson affecte principalement le contrôle des mouvements par le cerveau.

La maladie de Parkinson entraîne souvent :

  • Lenteur des mouvements
  • Rigidité musculaire
  • Tremblement au repos
  • Changements dans la façon de marcher
  • Baisse de l'amplitude du mouvement des bras
  • Difficulté à entamer les mouvements
  • Changements au niveau de la posture et de l'équilibre

La MG est davantage associée à une faiblesse fluctuante.

Par exemple, une personne atteinte de MG peut remarquer que sa paupière s'affaisse davantage en fin de journée ou que sa voix s'affaiblit au cours d'une longue conversation.

Une personne atteinte de la maladie de Parkinson peut plutôt remarquer que ses mouvements deviennent plus lents, plus amples ou plus difficiles à amorcer.

La parole peut aussi changer dans les deux cas, mais pour des raisons différentes. La myasthénie peut rendre la parole plus faible, plus indistincte ou plus nasillarde à mesure que les muscles se fatiguent. La maladie de Parkinson peut rendre la parole plus faible, plus monotone ou plus rapide, car le contrôle des mouvements est altéré.

La MG ne se transforme pas en maladie de Parkinson.

Pourquoi la MG peut-elle ressembler à d'autres maladies neurologiques au début ?

La MG peut ressembler à d'autres maladies neurologiques, car des symptômes comme la faiblesse, la vision double, les troubles de l'élocution, les difficultés à avaler et la fatigue ne sont pas propres à la MG.

Ce qui compte souvent, c'est la tendance.

Les symptômes de la MG peuvent varier. La faiblesse peut devenir plus marquée après une activité prolongée ou répétée, et s'atténuer après un peu de repos.

Les expériences partagées via l'appli «mama health » montrent à quel point ce schéma peut parfois être difficile à décrire.

Les personnes atteintes de MG ont raconté des situations où les premiers symptômes avaient d'abord conduit à envisager d'autres causes.

Par exemple, des changements soudains au niveau du visage ou de la parole peuvent nécessiter un bilan d'urgence pour détecter un AVC. Une faiblesse faciale peut ressembler à une paralysie de Bell. Des paupières tombantes ou une vision double peuvent d'abord être considérées comme un problème ophtalmologique.

D'autres racontent qu'on a d'abord envisagé des explications comme des problèmes thyroïdiens, la fatigue chronique, des symptômes neurologiques fonctionnels, le stress, l'anxiété ou la dépression pour expliquer leurs périodes de fatigue et de faiblesse, avant qu'on ne pense finalement à la MG.

Ces expériences personnelles ne permettent pas de savoir à quelle fréquence un parcours de diagnostic particulier se produit. Elles ne permettent pas non plus de déterminer si un bilan médical antérieur était juste ou faux.

Ce qui est intéressant, c'est qu'ils montrent à quel point la MG peut se manifester de différentes façons au quotidien.

Une situation qui revient souvent, c'est la difficulté à expliquer des symptômes qui varient au fil de la journée. Parfois, tu te sens plutôt en forme pendant un rendez-vous court, mais tu te rends compte que tu es beaucoup plus fatigué après avoir parlé longtemps, mangé un repas, monté des escaliers, gardé la tête droite ou fait des tâches répétitives.

En réfléchissant au moment où les symptômes apparaissent, à ce qui s'est passé juste avant et à ce qui a changé après le repos, tu pourras plus facilement décrire ces expériences lors d'une consultation médicale.

Est-ce qu'une IRM normale veut dire que je ne peux pas avoir de myasthénie grave ?

Non. Une IRM cérébrale normale n'exclut pas la myasthénie grave.

La MG touche surtout la jonction neuromusculaire, plutôt que de provoquer des modifications structurelles caractéristiques au niveau du cerveau.

L'IRM joue un rôle différent dans l'évaluation neurologique. Elle peut aider les médecins à diagnostiquer des maladies touchant le système nerveux central, notamment la sclérose en plaques.

Une IRM normale ne veut donc pas dire que les symptômes neurologiques n'ont pas d'explication, et ça ne suffit pas à lui seul à confirmer ou à exclure une MG.

Pour en savoir plus, découvre comment on diagnostique la myasthénie grave.

Quels examens permettent de distinguer la MG d'autres maladies neurologiques ?

Le bilan de la MG peut inclure un examen neurologique, des dosages d'anticorps et des tests spécialisés portant sur la transmission des signaux nerveux aux muscles.

Les analyses sanguines visent généralement à détecter les anticorps associés à la MG.

Ça peut inclure :

  • Anticorps anti-AChR
  • Anticorps anti-MuSK
  • Les anticorps anti-LRP4 dans certaines situations

Un test d'anticorps négatif n'exclut pas automatiquement la MG.

Découvre-en plus sur les anticorps anti-AChR, anti-MuSK et anti-LRP4 dans la myasthénie grave.

Les examens électrophysiologiques permettent aussi d'évaluer la communication entre les nerfs et les muscles.

Il y a notamment :

  • Stimulation nerveuse répétitive
  • Électromyographie monofibre

En cas de paupières tombantes, un test à la poche de glace peut parfois apporter des informations supplémentaires lors de l'examen.

L'imagerie thoracique peut aussi servir à examiner le thymus, car la MG peut être associée à des anomalies thymiques, notamment un thymome.

On utilise différents examens quand on soupçonne une sclérose en plaques, une SLA, la maladie de Parkinson ou une autre affection neurologique. Les résultats doivent être interprétés en tenant compte des symptômes, des résultats de l'examen physique et des antécédents médicaux.

Est-ce que la MG oculaire peut se transformer en sclérose en plaques ou en une autre maladie neurologique ?

La myasthénie oculaire ne se transforme pas en sclérose en plaques, en SLA ou en maladie de Parkinson.

La myasthénie oculaire touche surtout les muscles qui contrôlent les paupières et les mouvements des yeux.

Chez certaines personnes, la faiblesse peut s'étendre par la suite à d'autres groupes musculaires. On parle alors de myasthénie grave généralisée.

La généralisation fait toujours partie de la MG. Ça ne veut pas dire que la MG s'est transformée en une autre maladie neurologique.

Qu'est-ce que les expériences d'autres personnes atteintes de MG peuvent t'apporter ?

Les témoignages personnels peuvent donner des repères utiles pour comprendre des symptômes difficiles à décrire, mais ils ne permettent pas de déterminer de quelle maladie tu souffres.

Dans l'appli « mama health », les personnes atteintes de MG partagent des descriptions de leurs expériences quotidiennes, comme les fluctuations de faiblesse, les paupières lourdes, les changements dans la parole, les difficultés à mâcher, la baisse d'endurance lors des activités de tous les jours, et le doute quant à savoir si un nouveau symptôme correspond à la MG.

Lire comment quelqu'un d'autre décrit une expérience similaire peut parfois t'aider à trouver les mots pour réfléchir à la tienne.

Par exemple, une paupière qui devient de plus en plus lourde au fil de la journée, une voix qui s'affaiblit pendant une conversation ou des bras qui se fatiguent en faisant une tâche quotidienne : ce sont des sensations difficiles à expliquer sans donner d'exemples.

mama health Ça peut servir à noter et à réfléchir à tes symptômes, à ce que tu vis au quotidien et aux questions dont tu voudrais peut-être parler lors d'un prochain rendez-vous chez le médecin.

Ça ne permet pas de diagnostiquer la MG ou une autre maladie, de déterminer si une maladie évolue, ni de donner des conseils sur le traitement à suivre.


Dans quels cas les symptômes neurologiques nécessitent-ils une prise en charge médicale urgente ?

Les difficultés respiratoires ou de déglutition graves nécessitent une consultation médicale d'urgence.

La MG peut parfois entraîner une faiblesse grave des muscles impliqués dans la respiration ou la déglutition. Ça peut évoluer vers une crise myasthénique, ce qui constitue une urgence médicale.

Consulte d'urgence un médecin en cas de difficultés respiratoires graves ou qui s'aggravent rapidement, ou si tu n'arrives plus à avaler sans risque.

Il ne faut pas non plus partir du principe que les nouveaux symptômes neurologiques sont forcément dus à la MG.

Une faiblesse soudaine d'un seul côté du corps, un affaissement du visage, des difficultés à parler, une perte soudaine de la vue ou d'autres signes pouvant indiquer un AVC nécessitent une prise en charge d'urgence immédiate.

Est-ce que le fait d'avoir une MG augmente le risque de développer d'autres maladies auto-immunes ?

La MG peut se manifester en même temps que d'autres maladies auto-immunes.

Les maladies thyroïdiennes auto-immunes font partie des associations les plus connues. Parmi les autres maladies auto-immunes associées à la MG, on trouve notamment la polyarthrite rhumatoïde et le lupus érythémateux disséminé.

Ça veut pas dire que toutes les personnes atteintes de MG vont développer une autre maladie auto-immune.

Si tu remarques de nouveaux symptômes qui ne correspondent pas à ton schéma habituel de MG, tu peux en parler à un professionnel de santé pour voir si un examen plus approfondi serait nécessaire.

En gros, c'est quoi le bilan pour la sclérose en plaques, la sclérose myéliteuse, la sclérose latérale amyotrophique et la maladie de Parkinson ?

La myasthénie grave est une maladie distincte de la sclérose en plaques, de la SLA et de la maladie de Parkinson, et elle ne se transforme en aucune d'entre elles.

La MG perturbe la communication entre les nerfs et les muscles.

La sclérose en plaques touche le cerveau et la moelle épinière.

La SLA endommage progressivement les motoneurones.

La maladie de Parkinson touche surtout les circuits cérébraux qui contrôlent les mouvements.

Certains symptômes peuvent se recouper, notamment la faiblesse, les troubles de l'élocution, les difficultés à avaler et les altérations des fonctions physiques. C'est en s'appuyant sur le profil clinique et les examens médicaux qu'on peut faire la distinction entre ces pathologies.

Les témoignages partagés via l'appli « mama health » montrent aussi pourquoi cette distinction peut paraître déroutante au quotidien. Les symptômes variables peuvent être difficiles à expliquer, surtout quand ils sont plus perceptibles après une activité prolongée que pendant une brève consultation médicale.

Si tu remarques un changement qui te semble différent de ce que tu vis d'habitude, un professionnel de santé peut t'aider à déterminer ce qui pourrait en être la cause.

Pour avoir une vue d'ensemble plus complète, renseigne-toi sur les symptômes de la myasthénie grave, la ptose et la crise myasthénique.

Ce contenu est juste pour info et n'est pas un truc médical.

mama health des infos et du soutien, mais ne remplace pas un médecin.

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Sources d'information

NHS. Myasthénie grave : symptômes, diagnostic et présentation générale.
https://www.nhs.uk/conditions/myasthenia-gravis/

NHS. Sclérose en plaques.
https://www.nhs.uk/conditions/multiple-sclerosis/

NHS. Maladie des motoneurones.
https://www.nhs.uk/conditions/motor-neurone-disease/

Institut national des troubles neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux. Sclérose en plaques.

Institut national des troubles neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux. Sclérose latérale amyotrophique.

Institut national des troubles neurologiques et des AVC. La maladie de Parkinson.

Fondation américaine pour la myasthénie grave. Diagnostiquer la MG.

Nacu A, Andersen JB, Lisnic V, Owe JF, Gilhus NE. Les maladies auto-immunes associées à la myasthénie grave : une revue de la littérature. Autoimmunity. 2015.

Dehbashi S, Hamouda D, Shanina E. Co-occurrence de la sclérose en plaques et de la myasthénie grave : rapport de cas et revue des théories immunologiques. Multiple Sclerosis and Related Disorders. 2019.